Brit. Muséum, Cotton MS., Titus, B. T., f. 468 d
détail nous révélera de quelle manière s'accomplit cette dissolution. Le 7 février 1538, une somme de 600 livres, plus de 6.000 livres de notre monnaie, fut payée par ordre royal aux docteurs Tregonwell et Petre, « pour être employée à effectuer la dissolution du monastère d'Abingdon » (1). L'abbaye se livrait entre leurs mains deux jours plus tard. L'abbé Thomas Pentecost, autrement nommé Rowland, se vit octroyer une pension annuelle de 200 livres et une maison où il pût demeurer, et chacun des moines reçut une annuité viagère d'importance suffisante. Le 22 février, Richard Ryche expédia son rapport sur la prise échue au monarque. Il a trouvé les constructions dans le plus grand délabrement. La maison de l'abbé n'est pas en état d'être habitée, et il faut une grosse somme pour la réparer en vue d'un séjour du roi. Les terres ne peuvent être transformées en parc, car si l'on met à profit les champs du côté sud de la Tamise, l'auteur du rapport croit que la ville d'Abingdon, laquelle est très populeuse, « ira vers la ruine ». 11 termine en demandant « quelles portions de l'église,, du cloître, du dortoir, du chapitre et du réfectoire, il faut dégrader. A mon avis, ajoute-t-il, une grande partie de ces constructions peuvent être mutilées, et il en restera encore assez pour contenter le roi (2). »
Les dépouilles allèrent au trésor royal. Deux mitres furent achetées par sir Thomas Pope, le trésorier de la Cour d'Accroissement. On préserva de la fonte et l'on garda pour l'usage du souverain trois bagues
1. Rec. 0(T. — Exch. Augm. Office, Minisier's Accounts, 28 H. VIII, l""® année du règne d'Edouard, 155. — Cette somme est également inscrite sur les « Rôles du Trésor » comme ayant été versée, I, m. 12 d.