Wright
« Attendu que John Harwood, ancien abbé du monastère de Notre-Dame de Vale Royal, a consenti au meurtre de Hugh Chaliner, moine de son abbaye ; et que, la veille du jour où il fut égorgé, le susdit religieux a dit à un enfant, fils de son frère et âgé d'environ douze ans, que lui, le susdit moine, irait chez son frère à Chester, avant l'Assomption, ou que, s'il séjournait plus longtemps au susdit monastère, il serait mis à mort.., »
Le jury déclara encore l'abbé coupable d'avoir menacé un de ses tenanciers de lui retirer tout son appui s'il combattait contre les hommes du Nord pendant la grande insurrection. De plus, le frère de l'abbé avait approuvé la révolte du Nord, et l'un de ses curés avait refusé de marier deux personnes qui avaient obtenu une dispense du roi Chef suprême de l'Église (1).
Le jury ayant donc prononcé le renvoi en jugement de l'abbé, la vie de ce dernier se trouvait en grave danger. De fait, la tradition veut, dans le Cheshire, quil ait été exécuté (2). Toutefois il n'en fut rien, puisqu'en 1342, « John Harwood, ancien abbé de Vale Royal», touchait une pension (3), qui continua de lui être servie jusqu'à la première année du règne d'Edouard VI (4). La condamnation eut, sans aucun doute, pour effet de mettre l'abbé à la discrétion
1. Ormerod, « Cheshire », I, 503. Voy. aussi « Monasticon », 5, 701, note. Le document en question est, paraît-il, une copie de l'Inquisition Première; il est adressé à« Thomas Holcroft », à qui « les présentes devront être remises en toute diligence. » Quant à l'Inquisition (enquête), voy. Rec. Office, Papiers d'État, Dom. 1539, V/34.