‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 170 sur 278 · R. 0. — Aug. Off., Rôles du Trésorier, III, m · texte numérisé non relu

R. 0. — Aug. Off., Rôles du Trésorier, III, m

d'Henri VIII, et ainsi de briser la résistance des moines qui, avec autant d'intrépidité que John Harwood, se refusaient à livrer leurs monastères.

Deux lettres relatives à des établissements du comté de Somerset nous édifieront sur la pression dont on usa envers les religieux pour les contraindre à la cession de leurs biens. L'une vient du prieur de la Chartreuse de Hinton, l'autre d'un prêtre que l'on avait chargé de provoquer l'abandon de l'abbaye d'Athelney. « Au nom du Seigneur Jésus, salut, écrit le prieur Horde à son frère Allan, avocat du Middle Temple, et lorsque vous vous étonnez que moi et mes frères, nous ne voulions point, de libre et plein gré, donner et remettre notre maison entre les mains du roi sur les instances de ses commissaires, mais que nous défendions nos idées avec inflexibilité et, à vos yeux, avec obstination, vraiment, mon frère, je m'étonne beaucoup à mon tour que vous ayez semblables pensées ; j'aurais plutôt cru que vous nous auriez trouvés faibles et inconsidérés d'abandonner ce qui n'est point nôtre, mais consacré à Dieu Tout-Puissant pour un service perpétuel en son honneur, sans compter une foule de bonnes œuvres de charité journellement accomplies en cette maison à l'égard de nos frères chrétiens. Et attendu que notre conduite ne justifie en rien l'abolition de notre monastère^ mais que le service divin, la discipline religieuse, l'hospitalité, les devoirs de l'aumône et tous les autres sont aussi bien observés en cette pauvre maison qu'en aucune autre du royaume de France: nous espérons que Sa Majesté le roi prendra tout cela en considération. Mais, puisque vous me parlez^ dans votre lettre, du puissant déplaisir de Sa Majesté et de Monseigneur le Garde du

Petit Sceau, lequel a toujours été et, j'en ai la confiance, sera encore pour moi un excellent maître, je m'efforcerai, autant qu'il dépendra de moi, d'amener mes frères à se soumettre en cette matière, afin que ni Sa Majesté le roi^ ni mon susdit excellent maître n'aient lieu d'être mécontents de nous, et j'espère que mes pauvres frères, qui n'ont rien pour gagner leur vie, seront traités avec générosité (1). »

Après avoir dissous l'abbaye de Keynsham, John Tregonwell et William Petre, les deux commissaires royaux, arrivèrent à Hinton le 25 janvier dans l'intention de supprimer aussi cet établissement. « Dès notre venue, écrivent-ils à Crumwell, nous entrâmes en conversation avec le prieur de l'endroit au sujet du motif qui nous amenait et nous employâmes tels moyens de persuasion que nous jugions le plus utiles et le plus propres à le convaincre. Sa réponse fut, à peu de chose près^ que si Sa Majesté le roi voulait lui enlever son abbaye, pourvu que la cession volontaire ne vînt pas de lui-même, il se contentait d'obéir; mais qu'autrement sa conscience, disait-il, ne lui permettait point d'abandonner sa maison de plein gré. Enfm^ après un long entretien, il nous pria de lui accorder un répit jusqu'à ce matin pour nous faire réponse. Ce matin donc, nous le pressâmes autant qu'auparavant ; mais il déclara être dans les mêmes dispositions qu'hier soir, et même plus résolu. En conversant avec la communauté, nous vîmes qu'elle partageait l'avis du prieur et nous reçûmes d'elle une réponse fort semblable à celle de ce dernier — (excepté trois membres prêts à se soumettre). Et entre autres

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