‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 180 sur 278 · M. Baigent, Collections manuscrites · texte numérisé non relu

M. Baigent, Collections manuscrites

avec les religieuses lui donnait sur elles quelque influence. Les agents du roi le choisirent, selon toute apparence, pour une mission délicate : celle de sonder les religieuses et de voir si elles étaient prêtes à satisfaire la convoitise d'Henri VIII pour leurs biens. Dans le rapport qu'il envoyait à sir Thomas Seymour (1), « gentilhomme de la Chambre privée du roi », il s'exprime en ces termes : — « Selon votre requête, je vous signale et vous décris, par la présente, l'état de la maison de Romsey. — D'abord, vous saurez que la maison n'a point de dettes. Puis, l'argenterie et les joyaux valent 300 livres et plus. 11 y a six cloches qui valent au moins 100 livres. En outre, l'église est un grand édifice somptueux, tout en pierre de taille et couvert de plomb, que j'estime valoir 300 ou 400 livres, et peut-être beaucoup plus (2). » Poster fournit ensuite quelques détails sur les revenus produits par les terres de l'abbaye, que Seymour ambitionnait de s'approprier en partie (3). 11 termine ainsi : — « Et puisque vous m'avez fait écrire par M. Fleming de vous informer si je pensais que l'abbesse et les autres religieuses consentiraient à céder leur maison, la vérité est que je me suis aperçu que, grâce à l'intervention de vos parentes et d'autres amis en votre faveur, les religieusesserontheureuses devousêtre aussi agréables qu'il est en leur pouvoir. Mais je vois qu'il leur répugnerait de se confier à la générosité des commissaires, car elles ont ouï dire que d'autres maisons ont été durement traitées (4). »

i. Frère de Jeanne Seymour, l'une des femmes d'Henri VIII.

2. Cet édifice fut plus tard i-acheté au roi par les habitants au prix d'environ 400 livres.

Page 1