Brit. Muséum, Royal MS., 7, C, XVI, f
Cette lettre est accompagnée d'une liste des religieuses de l'abbaye, d'où il ressort que Catherine Wadham, laquelle était au couvent depuis seulement quatre ou cinq années, avait été élevée au rang de sous-prieure, sa sœur venant immédiatement après elle. Ces deux femmes et une autre encore, Elisabeth Hill, étaient les parentes de sir Thomas Seymour sur l'influence desquelles comptait John Poster pour effectuer la ruine de Romsey (1). Ses desseins, semble-t-il, n'aboutirent pas. 11 n'existe aucun acte d'abandon relatif à cette abbaye, et ni le nom de l'abbesse ni ceux de ses sœurs ne figurent sur le tableau des pensions.
S'il s'en trouvait qui pressaient les moines de se conformer à tous les caprices d'Henri et de lui livrer leurs maisons et leurs biens, d'autres ne manquaient point pour les exhorter à rester fidèles à leurs vœux. Plus que tous les autres, le D" Richard Hillyard, ancien secrétaire de Tunstal, évêque de Durham^ s'efforça d'insuffler dans l'âme des religieux l'esprit d'une résistance héroïque. Il se réfugia en Ecosse, à l'abri des rancunes d'Henri VIII ; sans quoi, il eût certainement payé son audace de sa vie. Il n'en fut pas moins décrété
1. Sir Nicolas Wadham, le père des deux religieuses de ce nom, se maria deux fois. Sa première femme était fille de Robert Hill, d'Antony, et la seconde, Marguei-ite, fille de sir John Seymour, de Wolfhall, comté deWilts, et sœur de la reine Jeanne Seymour et de sir Thomas Seymour. Il faut probable nent chercher dans la haute parenté de Catherine la cause de sa rapideélévation au sein de la communauté. A propos de John Poster, de Baddcsley, l'auteur de la lettre ci-dsi-sus, une personne qui vivait à la fin du xvi« siècle nous a transmis un couplet rimé encore populaire dans son enfance :
« M. Poster, de Baddesley, était un bon homme Avant que le mariage des prêtres commençât, Car il fut le premier qui épousa une nonne, Ce pourquoi il mil au monde un fils tout informe. » Collections manuscrites de M. Baigent.)
d'accusation et condamné à mort par contumace (1). « Le docteur dit, à Edimbourg, écrit un dénonciateur, qu'il s'est enfui parce qu'il avait conseillé à plusieurs communautés religieuses, non encore supprimées, de ne point livrer leurs maisons au roi avant d'en être chassées par la violence. » Un autre informa sir William Eure que « ledit Hillyard déclare lui-même qu'étant en compagnie de certains gentilshommes, il se lamenta sur la dissolution du monastère de Mountgrace et parla en termes élogieux de ladite maison. A quoi, ainsi l'affirme le susdit Hillyard, un gentilhomme répondit : que pour d'aussi légères offenses que celle dont ledit Hillyard était coupable en prononçant de telles paroles en un pareil temps, il avait vu arrêter des hommes comme traîtres à Sa Majesté. Et ainsi, le susdit Hillyard, craignant qu'on ne l'accusât pour lesdites paroles, se transporta en toute diligence hors du royaume (2). »
Le seul religieux dont le nom se trouve mêlé à l'affaire de Hillyard est le prieur de Mountgrace. On le soupçonnait d'avoir aidé le docteur à fuir, et Eure en avertit Crumwell, afin que l'on entamât « de nouvelles recherches, aussi bien sur le prieur que sur ses amis et familiers » (3). John Wilson, le prieur de Mount-
i. Roi. Pat., H. VIII, 147.
2. Bi'it. Mus. — Cott. MS. Calig., B., VII, f. 249. — L'histoire de la fuite de Hillyard, favorisée par la prieure de Coldstream, est pleine d'intérêt, mais étrangère à notre sujet. Henri VIII demanda que Hillyard lui fût livré par le roi d'Écosso pour avoir « tenté de semer partout la sédition dans le royaume ». L'envoyé avait ordre de le ramener sur-le-champ, si possible, « de veiller à ce qu'il fût conduit sous une escorte sûre, et de remarquer spécialement, pendant le retour, ceux qui voudront lui parler. » (Sadler Papers, 1, p. 12). Quant à l'histoire que Hillyard écrivit sur son temps, voy. tome I, ch. VIII. — Les dernières éditions du « Schisme » de Sanders (p. ex. 1590, p. 167) citent en partie le récitfaitpar Hillyard de la destruction des monastères.