Inventaire analytique », n
n'est guère vraisemblable que, même en gardant pour Catherine un culte plus fidèle qu'il n'y a lieu de le croire, Whiting se fût obstiné sur un point où More et Fisher avaient cédé et qu'il n'eût point voulu accepter le Bill de Succession. Mais ce furent encore ici les questions greffées sur le divorce, et surtout le dangereux chapitre de la « trahison », qui le menèrent enfin à l'échafaud, comme il y avait mené les autres.
Chose plus qu'étrange, les règles de la procédure ordinaire ne furent nullement suivies au cours de ce procès. Suivant la loi, Whiting et les abbés de Reading et de Colchester auraient du être mis en accusation devant le parlement, puisqu'ils étaient membres de la Chambre des Pairs. Mais il ne fut jamais présenté de « bill d'attainder » régulier, et, de fait, l'exécution eut lieu avant même l'ouverture du parlement (1).
La vérité est que Whiting et les deux autres abbés furent condamnés à mort à la suite des interrogatoires secrets de la Tour. Crumwell. assumant les rôles de « ministère public^ de juge et de jury », avait tout préparé pour l'exécution avant qu'ils sortissent de prison (2). Le spectacle où parurent Whiting et Cook, l'un à Wells, l'autre à Reading, ne fut qu'une sinistre parodie de la justice, simplement jouée en vue de colorer d'un semblant de légalité la procédure inique par laquelle on les avait condamnés sans jugement. Témoin cette note écrite par Crumwell de sa
i. Selon Wriothesley (« Chronicle »), ils furent mis en accusation dans la prison du « Counter » : « Également en ce mois (novembre), [les abbés de Glastonbury, de Reading et de Colchester furent mis en accusation dans le Counter. »