Rec. Office. Papiers d'État, Dom., 1538, U
2. Le nombre total des lettres patentes octroyant des pensions aux religieux et enregistrées dans les livres du Bureau d'Accroissement ne se monte pas à 4.000. Sans ces lettres patentes, la pension n'était pas payée : on peut donc conclure que ce nombre est à peu près exact. Selon l'évaluation précédemment faite, il se trouvait en Angleterre environ 8.081 religieux de tout ordre à l'époque de la suppression. Les allocations qui furent accordées sont enregistrées dans le livre du Bureau d'Accroissement. (Rec. Office. Exchequer Aug. Office, Mise. Book, 233.) Lal^e partie contient les pensions octroyées
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Nous avons déjà indiqué pour quels motifs un grand nombre d'entre eux ne furent pas pensionnés. A ceuxlà il faut ajouter les membres de toutes les maisons qui tombèrent au pouvoir du roi par suite de la condamnation de leur supérieur pour haute trahison. C'est ainsi qu'aucun des moines appartenant à des monastères tels que Kirksted^ Jervaulx ou Whalley, dans le nord, et Glastonbury, Reading, Colchester ou Woburn, dans le sud, n'obtint quoique ce fût. Bien plus : il ne semble pas que la cession volontaire d'une abbaye ait donné un titre absolu à aucune sorte de dédommagement. Pour ne citer qu'un exemple : l'abbaye de Furness, dont nous avons relaté l'abandon, fut dissoute sans que, selon toute apparence, les moines reçussent la promesse d'une pension, et l'on ne trouve dans les livres de la Cour d'Accroissement aucune trace d'allocation octroyée en cette circonstance. Au moment de l'expulsion, chacun d'eux ne reçut que 40 schellings, sauftrois « qui étaient malades et impotents » et à qui l'on donna un supplément de 20 schellings. L'année suivante, toutefois, l'abbé fut pourvu de la cure de Dalton, dont les revenus étaient évalués à 33 li\res 6 schellings 8 pence par an : probablement ces avantages devaient lui tenir lieu de pension. Mais aucun des trente moines que comprenait sa communauté n'obtint, que nous sachions, la moindre faveur Dour sa soumission aux exigences du roi.
Le montant de la pension variait beaucoup. Certains abbés semblent avoir obtenu des sommes considérables pour l'époque. Ainsi, John Lawrence de Wardeboys, dernier abbé de Ramsey, reçut une annuité à
la 28^ année du règne; la 2^ partie, celles de la 29« et 30' année; le n' 233, celles de la 31^ année; les n»» 234 et 235, celles de la 32« année.
vie de 266 livres 13 schellings 4 pence, plus une maison, des bois et une bande de cygnes (1). 11 est vrai que l'abbé Wardeboys, qui occupait ses fonctions depuis l'année 1507, était fort âgé au moment de la cession du monastère. 11 n'était donc pas vraisemblable qu'il touchât longtemps sa pension. De plus, il s'était non seulement livré de bonne grâce dès la première sommation, mais s'était encore, dit-on, employé activement à persuader aux autres abbés de suivre son exemple. Plus importante encore fut la pension qu'on donna à Robert Wharton, ex-abbé de Bermondsey, qui était évêque de Saint-Asaph depuis 1536 : en effet, une somme de 333 livres 6 schellings 8 pence lui fut allouée sur les revenus du monastère. Plusieurs autres évêques, qui étaient abbés commendataires, reçurent des sommes considérables : par exemple, l'évêque de Down en Irlande, investi par lettres patentes royales des fonctions d'abbé de Thorney, — John Draper, évêque suffragant et prieur de Twynham (Christchurch), et d'autres encore.
La pension ordinaire du supérieur d'un grand monastère semble avoir été de 100 livres par an, et l'allocation accordée à chaque religieux de 5 à 6 livres en moyenne. Pour les petits monastères, la pension diminuait proportionnellement et, dans certains cas, le supérieur ne reçut pas plus de 15 ou même 10 livres. Parmi les couvents, celui de Syon fut pécuniairement le mieux partagé. L'abbesse, Agnès Jordan, n'obtint rien moins que 200 livres par an, et aucune de ses sœurs ne reçut une somme inférieure à 6 livres, plusieurs même eurent davantage. Mais fort peu de