Ibid., f
kinghamshire, Thomas Barnard obtint la cure de l'abbaye, et un autre, John Slythurst, fut nommé vicaire de Lee avec une pension de 8 livres. A Pulton, dans le Wiltshire, John Hogge fut désigné par Petre, le commissaire royal, « pour desservir la cure de l'endroit et comme salaire » il devait avoir 106 schellings 8 pence; « et s'il était incapable de la desservir, il recevrait 40 schellings » (l). Un autre exemple vaut la peine d'être cité : dans le comté voisin de Dorset, à Bindon, l'un des moines fut nommé curé de l'endroit et ses services devaient lui rapporter annuellement 6 livres 13 schellings 4 pence, mais « toutes les dîmes et offrandes reviendraient au roi » (2).
Si l'on promit des pensions qui nous semblent assez élevées, c'est qu'on avait de bons motifs pour ce faire, surtout au commencement de l'œuvre de suppression. Le Docteur London écrivait, du couvent de Bénédictins de Coventry, que le prieur n'occupait ces fonctions que depuis fort peu de temps. « C'est, ajoute-t-il, un prêtre austère et probe, selon ce que ses voisins
i. Rec. Office. Exch. Aug. Office. Misc.Book, f. 122.
2. Ibid., f. 145. On rencontre quelques exemples de cures desservies par des religieux antérieurement à la dissolution des monastères. Ainsi l'abbé de Quare, William Repon, fut installé au presbytère de Carisbrooke, dans l'île de Wight, en 1533. Le 24 février 1536, lors de la dissolution de l'abbaye, il reçut le titre de « capellanus » et la cure de Newchurch , sur la recommandation de sir Richard Lyster, chevalier. Il abandonna ces fonctions l'année suivante et fut remplacé par John Austen, qui était chanoine de l'abbaye de Tichfield, alors dissoute, et qui fut présenté par l'abbé de Beaulieu. (Voy. Recueils manuscrits de M. Baigent.) Ce dernier cas tendrait à prouver que les grands monastères donnaient des bénéfices aux religieux expulsés des petits établissements. Nous citerons encore un exemple ou deux. En 1520, Thomas London, abbé de Quare, était curé de Carisbrooke, et l'un de ses moines était vicaire de Binsted. En 1532, la cure de Lainston, près de Winchester, était desservie par un Carme. Celle de Littleton fut toujours desservie par un moine du prieuré de Saint-Swithun, et les profits de la cure «talent employés à l'achat de livres de chœur pour l'église du monastère (Ihià.)
déclarent, et il est bachelier en théologie. 11 a cédé sa maison de plein gré à Sa Majesté le roi, et ainsi ont fait tous ses frères. »
Le commissaire parle ensuite des pensions qu'il a promises et termine ainsi : « Je supplie Votre bienveillante Seigneurie de confirmer et sanctionner lesdites pensions de par votre haute autorité, et alors d'autres, s'apercevant que ces hommes sont traités avec générosité, non seulement mettront plus de bonne volonté à livrer leurs maisons, mais encore les laisseront en meilleur état pour l'usage du roi (1). »
Le D'' London obéit au même motif quand il supprima l'abbaye de Combe. Robert Bâte n'était abbé que « depuis douze mois^ jour pour jour», lorsqu'on l'invita à résigner ses fonctions. Il avait déjà, paraît-il, « payé une partie des dîmes et prémices ». Le D' London lui alloua une rente de 80 livres, et il osait espérer que Crumwell ratifierait cette mesure, « car, écrivait-il à celui-ci. Votre Seigneurie, en agissant ainsi, poussera d'autres abbés à faire plus volontiers l'abandon de leurs biens (2). » Le même visiteur était également d'avis que ceux-là méritaient de grosses pensions qui, si peu de temps auparavant, avaient racheté leurs maisons à l'aide de versements considérables entre les mains du roi et obtenu de lui un document scellé du grand sceau et leur assurant une durée indéfinie. II représenta, par exemple, que les Chartreux de Coventry, les sœurs de Delapre, les chanoines de l'ordre
%l. Rec. Office. Exch. Q. R. Miscellanea,75/5, N» 15. — Thomas Camswell, le prieur, reçut une pension annuelle de 331 livres, 6 schellings, 8 pence (Aug. OfF. Mise. Book, 233, f. 118).