‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 249 sur 278 · Wright, p · texte numérisé non relu

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dres (1), et comme, à la longue, les domaines diminuèrent à la suite des donations ou des ventes opérées par le roi, et que les profits qu'on en retirait s'amoindrirent en proportion, le nombre des moines et des religieuses payés par le trésorier général de Londres alla en augmentant.

Ainsi, pendant les deux premières années qui suivirent la création du Bureau d'Accroissement, seuls dix-sept individus recevaient leur pension directement, du trésorier de Londres, et dans les dernières années du règne d'Henri, plus de deux cents moines et sœurs étaient payés par ce même fonctionnaire (2). La grande majorité des religieux pensionnés continua cependant à toucher l'allocation des mains des fonctionnaires royaux établis dans les différents comtés où leurs monastères étaient situés (3). Il se glissa des abus fréquents dans la remise des sommes dues. Quantité de moines et de sœurs se trouvaient soit en raison de leur âge, de leurs infirmités ou pour d'autres causes, dans l'impossibilité d'aller toucher leur pension en main propre et se voyaient, par conséquent, forcés d'employer des intermédiaires. Il arriva, par exemple, qu'un certain Anthony Emery, serviteur de Richard Pollard, fut envoyé toucher les pensions de quelque cinquante ou soixante moines et religieuses de l'ouest. Un autre intermédiaire partit aussi chercher à Londres

1. Par exemple: à Fosse, dans le comté de Lincoln, le D"" London promit une pension aux religieuses, et il ajoutait : « Toutes iront la chercher à Londres ». Plus tard, il est vrai, leur pension fut payée par le receveur du Lin colnshire.

2. Les paiements faits par le bureau sont inscrits sur les registres du TrésOT'ier de la Cour d'Accroissement.

3. Ces versements figurent sur les « Ministers'Accounts », (Comptes des Ministres) , en déduction des recettes dont il est rendu compte au Trésorier de Londres.

Targent dû à l'abbesse de Canonleigh et à dix-sept de ses religieuses. Un autre encore accomplit une mission identique pour le prieur de Plympton et ses chanoines (1). Les frais nécessités par les voyages de ces agents envoyés à une si longue distance, réduisaient de beaucoup la portion congrue accordée aux religieux : mais les divers droits que prélevaient à leur profit les fonctionnaires préposés à la distribution des largesses royales diminuaient plus encore les sommes versées. Pour chaque paiement trimestriel le fonctionnaire avait droit à 4 pence d'honoraires : en réaiité, toutefois, il n'est guère douteux qu'il ne réclamât bien davantage (2).

Lespensionspromises furent encoreréduitespar suite

1. R. Office. « Exch. Aug. Off. », Rôles du Trésorier, II, m., 20 d.

2. Citons, par exemple, le cas des religieuses de Limbroke, dans le comté de Hereford. Leur maison tombait sous le coup de la loi qui supprimait les petits monastères, car elle n'avait qu'un revenu de 22 livres par an. Mais les sœurs avaient acheté au roi une charte de perpétuation moyennant une somme de 53 livres 6 schellings 8 pence, plus de deux fois supérieure à leur revenu anunel (Voy. « Aug. Office », Rôles du Trésorier, I, m,, 4 d). A la lin de l'année 1539, cependant, les cinq religieuses furent mises en demeure de céder leur maison au roi. On leur promit une pension : 6 livres à la prieure, et 53 schellings 4 pence à chacune des autres. En tout, elles devaient avoir 16 livres 13 schellings 4 pence par an. Or, voici les frais que leur coûta cette pension :

« "William Thomas à John Scudamore, ci-inclus la note pour avoir obtenu leur pension aux « pauvres nonnes de Limbroke » :

« Premièrement, pour lettre au clerc de M. le chance- L. Sch. Pence, lier, le priant de rédiger le mandat et de le faire signer. .06 8

« Item, — au clerc de M. Duke, pour rédaction de la liste des pensions 0 6 8

« Item, — payé à Qlascocke pour les expédier de la Chancellerie 0 5 0

a Item, — honoraires de Mylord du Petit Sceau, pour la supérieure de la maison 1 0 0

« Item, — honoraires de M. le Chancelier et de M.Duke, à 11 sch. pour chaque nonne pensionnée 2 15 0

« Item, — pour mon propre travail 1 0 0

Somme totale 5 13 4

(Brit. Muséum. — « Add, MS. », 11041, f. 60).

des prélèvements opérés à l'occasion de chaque nouveau subside que le parlement accordait au roi. C'est ainsi que, dès l'année qui suivit la dissolution générale, on fit sur chaque paiement une retenue d'un dixième, à titre de « premier subside dû à Notre Souverain Lord le roi » (1). Deux ans après, il fut prélevé « un quart sur les pensions de tous les ex-religieux... qui atteignent 20 livres et plus, à titre de prêt » à Henri YIII, et quand arriva l'échéance du semestre^ le 25 mars i 543, les religieux ne touchèrent qu'un trimestre de leur annuité (2). Par ces deux moyens, Henri s'appropria sur le montant des pensions une somme de 9.443 livres 15 schellings 6 pence (3). En outre, il reçut, en 1544, du clergé et de nombreux religieux pensionnés la somme del2.8701ivres 16 schellings 8 pence comme contribution de guerre : il est vrai que cette somme fut, plus tard, en partie remboursée (4).

Le besoin contraignit un certain nombre des religieux expulsés à se défaire de leurs lettres patentes, et ils trouvèrent des spéculateurs tout prêts à acheter leur annuité « pour peu ou point d'argent, ou pour quelque objet donné aux susdits pensionnaires, les supplantant ainsi à leur immense détriment ». Le Parlement sentit donc la nécessité, dans la troisième année du règne d'Edouard VI, de remédier à cet état de choses. Il adopta une loi en -vertu de laquelle toute

1. Bib. Bod., manuscrit Tanner, 343, f. 1 et sqq., — où l'on trouvera la liste de ces prélèvenientSi dressée par Scudamore pour quatre comtés différents.

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