‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 253 sur 278 · Recueils manuscrits de M.Baigent · texte numérisé non relu

Recueils manuscrits de M.Baigent

2, Milner, « Winchester », II, 193. — On trouve épars çà et là un petit nombre de monuments érigés en souvenir des religieuses dispersées. C'est ainsi qu'à Isleworth, dans le Middlesex, se trouvait une petite plaque en bronze

D'autre part, il s'en trouva, parmi les moines et sœurs brusquement rejetés dans le monde, qui s'accommodèrent aux circonstances et désertèrent leurs devoirs religieux. Il est vrai qu'à examiner les documents et relevés de l'époque qui nous ont été conservés, il ne semble pas que cette désertion^ du moins parmi les religieuses, fût chose bien fréquente. A la longue, assurément, un certain nombre d'entre elles durent se marier; mais les rapports des commissaires envoyés par Edouard VI pour procéder à une enquête sur la situation des religieux pensionnés, bien qu'ils embrassent une foule de noms, ne citent que deux religieuses qui se soient mariées. Ce sont : « Elisabeth Grimston, âgée de 26 ans », épouse « d'un certain Pyckerd, de Welbeck », et « Elisabeth Tyas, qui demeure à Tykhill et a épousé un certain John Swyno, homme de condition » (1). Toutes deux étaient de jeunes sœurs du couvent de Swine, situé dans l'East Riding (district est)du Yorkshire, et très probablement elles n'avaient jamais prononcé leurs vœux.

Quantité de moines, parmi la foule de ceux qui furent expulsés^ durent sans aucun doute se conformer aux opinions et aux pratiques religieuses de l'époque. Une

commémoi'ative de Marguerite Dely, « sœur professe de Syon », ancienne trésorière du couvent et qui mourut en 1561 (Haines, « Manuel of Brasses »> p. 39.) Dans la seconde édition de l'ouvi-age, il est dit que cette plaque « se trouve aujourd'hui sur une porte donnant accès à un banc d'église. » A Denhatn, en Buckinghamshire, on voit la plaque bien connue d'Agnès Joidan, dernière abbesse de Syon, qui mourut, selon toute apparence, en 1545 (Waller, « Brasses », planche XIII). Une desci'iption du Yorkshire écrite au xvii« siècle renferme un passage relatif à une religieuse d'Esholt. « M. Baildon, en 16î9, dit que Dame Marguerite Martiall, autrefois religieuse d'Esholt, demeurait à Fawether, près de son ancien couvent; qu'elle avait une pension à vie de 4 ou 5 livres par an, et qu'elle mourut il y a quelque douze années, et fréquentait assidûment l'église. » (Brit. Muséum, « Harl. MS. » 804, f. 14.) 1. R. Office, « Chapler House Box », 154, n" 61.

anecdote intéressante, relative à un vieux moine qui vécut jusqu'au commencement du dix-septième siècle, trouvera sa place ici. 11 s'appelait William Littleton et, lors de la dissolution de l'abbaye d'Évesham, il était « sous-sacristain » : c'est en cette qualité qu'il figure sur la liste des pensions (1). L'histoire des dernières années de sa vie nous est contée par un vieil auteur (2). Parlant du Père Augustin Bradshaw (premier prieur du couvent de Saint-Grégoire, à Doway, aujourd'hui situé à Downside), il rapporte que, « à son arrivée à Henlip, en 1603, il rencontra là par hasard un certain Lyttleton, qui avait jadis été moine d'Evesham, mais qu'on ne connaissait guère plus maintenant que sous le sobriquet du « curé chaudronnier », On remarqua que cet homme jetait constamment les yeux sur la Père Augustin, et n'étant plus capable de se contenir, il demanda le nom de. cette personne à M. Thomas Habington, qui lui dit confidentiellement que c'était un de ses frères. « Un de mes frères! s'écria M. Lyttleton,. mais je n'exerce plus depuis quarante ans! » — « Je veux dire, répliqua son interlocuteur, un moine de l'ordre de Saint-Benoît. » A ces mots, M. Lyttleton changea dévisage et sembla très ému, et il finit par supplier M. Habington, au nom de la passion du Christ, de lui procurer un entretien avec ce Père . La chose fut racontée au Père Augustin, et on trouva moyen de les mettre en présence. Dès que Lyttleton entra dans la chambre, il tomba à genoux et, avec des torrents de larmes, implora l'absolution du Père Augustin, que celui-ci lui donna. Le vieillard, ainsi racheté de ses fautes, partit chez lui. Il devint bientôt aveugle et resta presque deux

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