‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 35 sur 278 · Chapler House BK., » A, 2/29, p. H5-H · texte numérisé non relu

Chapler House BK., » A, 2/29, p. H5-H

2. Un exemple intéressant, entre auti-es : « Philip Trotter, de Horncastle, est accusé par Edward Dymmoke d'avoir pris la cotte d'armes de Sir Lyon Dymmoke dans l'église de Horncastle, où Sir Lyon 11 était enseveli, et de l'avoir portée sur son corps. » Ibid., A. 2/28, p. 13.

Elle était conçue en termes violents et irrités. En ce qui concerne le choix des conseillers, écrivait le roi, « je n'ai jamais lu, ni ouï dire, ni appris que les conseillers des princes et les prélats dussent être nommés par des gens du commun^, ignorants et grossiers, ni que de telles gens fussent assez capables pour distinguer et choisir les conseillers qu'il sied à uh prince d'avoir. Combien vous êtes donc présomptueux, vous peuple grossier d'un seul comté, le plus vil, le plus inculte, le plus ignorant, de blâmer votre prince sur le choix de ses conseillers et prélats, et d'entreprendre, contrairement à la loi de Dieu et à la loi des hommes, de gouverner votre prince, à qui vous devez obéissance et service même au péril de votre vie, de vos terres, de vos biens, et auquel vous ne devez résister pour nul motif au monde.

« Quant à la suppression des couvents et monastères, elle nous a été accordée par le Parlement et non proposée par un ou plusieurs conseillers de leur propre volonté et caprice, comme vous désirez très faussement le persuader à notre royaume. Vous prétendez que cela nuit fort au service de Dieu; mais le contraire est vrai : car en aucune des maisons supprimées Dieu n'était bien servi : il n'y régnait que les vices, les méfaits, les turpitudes, comme il appert des confessions des moines eux-mêmes, signées de leur main à l'époque des visites par nous ordonnées (1)-. Et pourtant nous laissâmes debout quantité de ces maisons, plus même que l'Acte ne l'exigeait, et du fait de cette tolérance, si les religieux ne s'amendent point, nous craignons d'être plus répréhensible que du

1. Il n'existe pas la moindre trace de ces confessions. Voy. tome I, ch. ix. Henri viii. — II. 5

fait de toutes les suppressions accomplies. Et quant à leur hospilulité, quant à l'assistance qu'ils donnent aux pauvres, nous sommes fort surpris que vous n'ayez point honte d'affirmer qu'ils ont été grandement secourables à notre peuple, alors qu'un grand nombre ou la plupart de ces maisons n'ont pas plus de quatre ou cinq membres et d'aucunes même pas plus d'un, et que ces moines dissipaient le plus clair des revenus du monastère à entretenir le vice et à mener une existence abominable. Or, quelle malveillance, quels sentiments con Ire nature ne pouvons-nous vous attribuer, à vous et à tous nos sujets qui pensent comme vous, quand vous préférez voir pareille clique de prodigues et de vicieux jouir des profits et avantages qu'ils retirent desdites maisons pour subvenir à leurs prodigalités, plutôt que nous, votre prince légitime, votre souverain seigneur et roi, qui avons dépensé et dépensons de notre poche, pour votre protection, six fois plus que vous ne le méritez. »

Le roi, dans sa proclam-ation, s'abstient de discuter avec le peuple sur « l'acte des usages », sujet qu'il ne juge point à portée de son intelligence. 11 arrive tout de suite à la pétition que les insurgés avaient présentée pour être dispensés du nouveau subside exigé d'eux, et il leur reproche d'agir « avec telle malveillance et fausseté » envers lui qui a tant fait pour eux, et cela « sans motif ni nécessité ».

En dernier lieu, Henri déclarait, à l'égard des « prémices », que le peuple eût dû se réjouir devoir le roi en profiter, car il était ainsi mis à même de supporter « les charges immenses réclamées par l'entretien du royaume ». « C'est pourquoi », disait.-il pour terminer, « nous vous enjoignons, en vertu de

vos devoirs d'obéissance et sous la peine susdite, de vous retirer au plus tôt, chacun en sa maison ; et de ne plus vous rassembler, contrairement aux lois et à votre allégeance ; et de remettre entre les mains de notre lieutenant ou entre les nôtres les fauteurs de ces troubles, et vous-mêmes de vous soumettre à tel châtiment convenable que nous et notre noblesse jugerons h propos de vous infliger (1). »

Le jeudi 12 octobre, le peuple eut ordre de se trouver au Castle-garth, à Lincoln, pour y entendre la réponse du roi à sa pétition. Entre temps, il s'était élevé des difficultés entre les personnes de condition et les gens du commun. Ils se défiaient les uns des autres, et les dissensions éclatèrent ouvertement lors de la lecture de la proclamation royale. « Nous, les gentilshommes, dit l'un d'eux, nous songeâmes, quand les lettres du roi arrivèrent, à les lire secrètement entre nous; mais pendant que nous les parcourions, la populace qui était là cria qu'elle voulait en entendre la lecture, sans quoi elle nous les arracherait. Je lus donc les lettres à haute voix. Mais comme il s'y trouvait une petite phrase qui, nous le craignions, pouvait irriter le peuple, je passai cette phrase sous silence : un chanoine présent à l'assemblée s'en aper- <5ut, et il dit tout haut que la lettre était faussement lue, ce pourquoi je faillis être égorgé (2). »

Dès ce moment, tout accord devint impossible, et le lendemain matin, vendredi 13 octobre, le Lincolnshire cessait de résister aux volontés d'Henri. Les personnes de condition partirent par Stamford au-devant

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