‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 48 sur 278 · Voy. la liste dans le « Calendar », X, n · texte numérisé non relu

Voy. la liste dans le « Calendar », X, n

2. Le « fodder » est un poids de 19 quintaux et demi. (Note du trad.)

3. « Minisiers'Accounts », 27-28 Henr. Vlll, n° 178. 5 d. et 18 d. — On a déjà cité un ou deux exemples des rigueurs déployées contre certains cou-

Le peuple était vivement surexcité par le spectacle de la vente des biens des abbayes et par la crainte d'assister à de nouvelles profanations et à de nouvelles saisies. Robert Aske, le chef du mouvement, dénonça en détail et hardiment les motifs qui poussaient les protestataires à recourir aux armes lorsque^ devant le château de Pomfret, il écrivit aux lords qui l'occupaient pour les presser de livrer leur dépôt et de se joindre à l'insurrection. « Et dans cette même lettre, ledit Aske rapportait que le susdit peuple était, en sa conscience, rongé de remords à voir la propagation de Thérésie, la suppression des maisons religieuses et autres maux qui éprouvaient l'État. » Dans une entrevue postérieure, il « déclara auxdits lords, spirituels et temporels, les griefs du peuple. Et en premier lieu, les lords spirituels n'avaient pas fait leur devoir en n'indiquant pas avec franchise à Sa Majesté le roi un prompt remède pour exterminer les hérétiques et leurs prédicateurs, auxquels était accordée grande tolérance ; pour empêcher la saisie des ornements des églises et abbayes supprimées, la profanation des reliques par les destructeurs et les actions irrévérencieuses de

vents de cette province. Nous en ajouterons plusieurs. Le monastère de « Warter », qui faisait vivre un prieur et douze chanoines, ainsi que cinquante dépendants et jeunes garçons, fut vendu avec tous ses biens au comte de Rutland pour la somme de 800 livres (Ibid., -178, m. 5). Le petit couvent de « Nunburnholme » donnait asile à 12 dépendants et à « de nombreux pauvres » (Ibid., m. 15). A « Molseby », couvent de 8 religieuses, une certaine Elisabeth Ward avait reçu une pension en nature ; mais le 4 août, quand les sœurs furent chassées, elle abandonna tous ses droits en échange d'une somme de 3 1. 6 s. 8 p. versée par les commissaires. Elle était « impotens et surda », et, prenant en considération son état débile et sa pauvreté, les commissaires confièrent la somme à un homme de confiance, qui promit de subvenir aux besoins de la pauvre femme pour le reste de ses jours (Ibid., m. 15). A « Drax », il y avait 39 « dépendants et jeunes garçons, » sans compter d'autres indigents (Ibid., 14 d.). A « Ferriby », les moines entretenaient 34 serviteurs, enfants et pauvres (Ibid., m. 15).

ceux-ci, les abus des visiteurs et leurs exactions et d'autres manquements »àleur devoir aussi bien envers le roi qu'envers le peuple. Et aux lords temporels le susdit Aske déclara qu'ils s'étaient également mal conduits en ne prenant nulle précaution et en n'informant point Sa Majesté de l'indigence de son royaume et surtout de ces provinces-là : attendu que, dans les régions du nord, le peuple subsistait en grande partie par l'assistance des abbayes, et qu'avant le dernier statut adopté sur celles-ci. Sa Majesté ne tirait^ à vrai dire, point d'argent chaque année de ce comté, car les revenus du roi y servaient à entretenir Berwick ; mais que maintenant les profits des abbayes supprimées, les dîmes et les prémices sortaient du pays. Pour ces raisons, au bout de peu d'années il n'y aurait plus ni argent ni trésors dans cette contrée : le tenancier n'aurait plus assez pour payer ses loyers à son seigneur, ni le seigneur assez pour le service du roi. Car, en ce pays, il n'y avait personne pour assurer l'exécution des lois de Sa Majesté, et les ressources du trafic étaient encore très faibles : de sorte que^ de toute nécessité , les habitants devaient ou succomber sous les coups des Écossais ou, du fait de la pauvreté, être contraints de se soulever et de se rebeller (1). »

Avant de terminer cette relation au roi, Aske revient avec insistance sur les mêmes points. « Dans toutes les parties du royaume, dit-il, les esprits murmuraient fort contre la suppression des abbayes et celle des prémices, à cause que la religion en serait exterminée dans toute l'Angleterre. Et leur ressentiment est surtout dirigé contre lord Crumwell, qui est réputé le

I. « Ch. House Book »,A, 2/28, p. 53. Relation envoyée au roi par Robert Aske.

destructeur de l'État aussi bien parmi le plus grand nombre des lords que parmi tous les autres honorables citoyens. Et sûrement, si Votre Majesté continue à le garder auprès d'elle et en sa faveur, il pourra malheureusement naître de nouvelles révoltes qui seront fort dangereuses pour la personne de Votre Majesté; car, autant que le susdit Aske peut savoir, il n'y a homme sur terre que le peuple croie aussi malfaisant que ledit lord Crumwell... Et en outre, ledit Aske déclare que presque tout le royaume attaque grandement certains évêques de la science nouvelle, qu'il regarde, eux et leurs partisans, comme hérétiques et comme la principale cause de la dernière rébellion ; on blâme aussi le lord Chancelier d'avoir publié tant d'injonctions et d'avoir usé d'équivoque en proclamant, puis en annulant ces injonctions (1). »

Si le chef du mouvement se montre hardi dans les explications qu'il donne au roi, il est encore plus explicite, au cours de son interrogatoire à la Tour de Londres, sur la nature des réclamations populaires. On lui demande si, à son avis, les faux bruits « n'étaient pas l'une des principales causes de l'insurrection » (2) ; il répond qu'à ses yeux, « ces rumeurs furent l'une des premières causes, mais que la suppression des abbayes, qui avait tant irrité le peuple, avait surtout provoqué ladite insurrection ». 11 ajoute encore « que, croit-il, la suppression des abbayes et le renvoi des prédicateurs eussent suffi pour susciter une révolte quand même lesdites rumeurs ne se fussent point répandues » (3).

i.« Ch. H. Book », p. 64.

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