Ibid
3. Ibid., 233. Les détails que donne lord Darcy sur la marche adoptée par les divers parlements présentent un certain intérêt. « Avant ce dernier parlement, dit-il, les lords avaient accoutumé, aussitôt après lamesse du Saint-Esprit..., d'approuver et de confirnoier le premier article de la Grande Chai'te relatif aux droits et libertés de l'Église. Maintenant, il n'en était plus ainsi. » De même, « quand il s'agissait d^ane question touchant aux prérogatives de la couronne royale ou à un préjudice causé à ladite couronne, la coutume voulait qu'on donnât aux lords, sur leur demande, un exemplaire du projet de loi, » afin qu'ils l'examinassent et prissent conseil. Mais actuellement « ils ne pouvaient plus obtenir ces copies sur leur demande, ou du moins pas aussi rapidement que dans les autres parlements. Et autant qu'il avait pu s'en rendre compte, il croyait la Chancellerie en faute par la façon dont elle accomplissait ses fonctions à la Chambre des lords et hâtait la lecture et l'adoption des projets de loi. » Le statut qui donnait au roi tous les monastères d'un revenu
pos de la prédication des nouveaux évoques, « qu'il ne voulait point devenir un hérétique » (1). D'autres déclarèrent qu'ils réclamaient la déposition des évoques « pour ce qu'ils étaient supposés avoir détruit l'unité de l'Église ».
Ainsi, dans la résistance armée qu'ils opposèrent à la politique royale, les « Pèlerins de Grâce » semblent s'être avant tout inspirés de leurs sentiments religieux. Ils sentaient que supprimer les abbayes, c'était porter un coup fatal à la religion et aux pauvres de ces contrées et causer le plus grand dommage à tout le reste du royaume. La question de la suprématie royale n'était, à leurs yeux, qu'un fragile caprice d'Henri YIU et une prétention sans précédent dans l'histoire; tandis qu'ils regardaient le rejet de l'autorité papale comme subversif du principe de l'unité de l'Église chrétienne et comme un premier pas vers la diversité de doctrines et de pratiques. Ce sont, on n'en peut douter, toutes ces considérations qui poussèrent les comtés du nord à se révolter contre la politique du roi. S'ils s'élevaient contre les impôts excessifs sous le poids desquels gémissait alors la nation, et contre le récent « Statut des Usages y), c'est que les habitants du Lincolnshire, dans leurs réclamations, avaient mis cet abus au nombre de leurs griefs.
L'histoire de l'insurrection elle-même est bien connue. Il est indispensable de la reproduire ici dans ses grandes lignes, et l'on ne saurait mieux faire que d'en emprunter les détails au récit de Robert Aske.
Au commencement du mois d'octobre 1536, Robert
inférieur à 200 livi-es fat considéré par Aske et par lord Darcy « comme nul ou peu s'en faut », parce qu'il ne précisait pas les maisons qui seraient supprimées.