Cité par Froude, lil, p
et de la nouvelle que le duc de Norfolk et d'autres commissaires arriveraient bientôt avec la réponse d'Henri VIII aux articles du Yorkshire. Cette réponse coûta au roi bien des tâtonnements : dans chaque projet nouveau, il annexait à la sentence de grâce générale une clause restrictive par laquelle il en excluait certaines personnes, et ce fut à grande peine qu'il se rendit enfin aux conseils du duc de Norfolk et consentit à sacrifier entièrement sa vengeance.
Le 21 novembre, les chefs des insurgés étaient réunis à York pour se concerter sur la marche à suivre. On les avait invités à venir conférer avec les commissaires royaux à Doncaster ; mais ils « délibérèrent longtemps sur la question de savoir s'ils iraient ou non, à cause d'une lettre qui fut écrite par lord Crumwell à sir Ralph Evers et où se trouvaient des menaces comme celle-ci : « A moins que le peuple de cette région ne s'apaise bientôt, on en tirera une vengeance telle que le monde entier en parlera et prendra exemple. » Ils convinrent enfin qu'ils iraient trouver le duc à Doncaster, en compagnie de trois cents personnes, et « des missives furent envoyées au clergé lui recommandant de tenir bon pour les articles profitables à la religion du Christ et à ses libertés ». — « Mais, écrit Robert Aske à Henri VIlï, en raison des lettres par lui écrites et du châtiment extrême infligé au grand jury du Yorkshire, et aussi à cause des hérésies de Wickliffet de l'énormité des redevances, lord Crumwell était et est encore (à la fin de la première révolte) un tel objet d'horreur et d'aversion pour le peuple de nos communes qu'il le dévorerait^ pour ainsi parler, car il estime que lui et ses conseils sont la source de tous ses griefs, comme les gens desdites communes l'ont franchement déclaré
près de Hampall en Yorksliire, au héraut Lancaster, lequel peut rapporter leurs propres termes à Votre Majesté (1). »
Avant que l'assemblée réunie à York se séparât, elle apprit que deux jours avant la conférence de Doncaster, les lords devaient tenir conseil à Pomfret. Quand les commissaires royaux approchèrent, à la fin de novembre, des frontières du Yorkshire, les feux d'alarme furent rallumés et les « cloches furent sonnées à rebours », appelant encore une fois les forces dispersées des rebelles sous la bannière du « Pèlerinage ». Norfolk écrivit au roi « sur un ton de si extrême désespoir », dit Henri VIII, « qu'il semblait que le monde dût être bouleversé si nous ne' voulions agréer, sur certains points, la pétition des rebelles » (2). Les troupes que le roi avait pu rassembler, entre temps, paraissaient à son lieutenant tout à fait insuffisantes pour tenir tête aux 20.000 insurgés qui venaient à sa rencontre en vue de connaître la réponse d'Henri VIII à leurs plaintes. Norfolk reçut à nouveau de son maître l'ordre « de ne point engager le combat avec eux, à moins de le pouvoir faire en parfaite sûreté ». Il devait, néanmoins, tâcher de les amener, par des moyens pacifiques^ à profiter de la grâce qu'il était chargé de leur offrir. Mais s'ils refusaient d'accepter pareille offre à moins que le pardon fût « général et sans exception », ou s'ils demandaient un parlement ou proposaient un nouvel « article », Norfolk devait répondre qu'il n'était pas prévu, dans sa commission, qu'il dût « promettre aucune de ces choses, » mais que telles étaient son amitié pour eux