‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 6 sur 278 · Rec. Office, Aug. Office. Miscellany, Livre II · texte numérisé non relu

Rec. Office, Aug. Office. Miscellany, Livre II

2. Rec. Office. « Exchequer Augmentation Office », Rôles du Trésorier.

les préparatifs nécessaires, Henri VIII se mit en devoir d'exécuter ses intentions relativement aux petits monastères. Comme le Parlement ne l'avait autorisé à se saisir que des maisons dont le revenu était inférieur à 200 livres par an, il fallut déterminer quels monastères avaient le malheur de rester au-dessous de cette limite pécuniaire. Dans ce dessein, le roi donna commission à un certain nombre de personnages importants, dans chaque comté, de se livrera une nouvelle inspection des établissements situés dans les limites de leurs provinces respectives. Dès le 24 avril, le jour même où la Cour d'Accroissement fut définitivement organisée par la nomination de ses dignitaires, des instructions furent expédiées à ces inspecteurs pour leur indiquer la marche à suivre. Ils devaient former un corps de six visiteurs, comprenant un auditeur, le receveur particulier du comté et un secrétaire : c'étaient là les fonctionnaires royaux, que devaient accompagner « trois autres discrètes personnes désignées par le roi dans chaque comté ». Sitôt qu'ils arrivaient dans un monastère, leur devoir était de mander le supérieur pour lui montrer « l'acte de dissolution » et leur commission spéciale. Ensuite ils devaient faire jurer aux dignitaires de la maison de répondre loyalement aux questions qui leur étaient posées. Cela fait, ils devaient procéder à une enquête sur la situation de l'établissement et consigner dans leur rapport les résultats de leurs recherches. Ils avaient ordre, tout particulièrement, d'indiquer le nombre des religieux « et la conduite de leur vie », de

I; m. 10 d. Je dois à Monsieur W. D. Selby, du Record Office, de coanaître Texistence de ces « Rôles », ainsi que d'autres documents.

dire combien d'entre eux étaient prêtres et combien étaient disposés à se retirer en d'autres maisons ou à prendre des « capacités », quels serviteurs et quelles autres personnes étaient attachés à l'établissement et se trouvaient, vis-à-vis de celui-ci, dans une condition de dépendance. Une fois ces renseignements obtenus, les commissaires royaux devaient se faire apporter le sceau et toutes les archives du couvent, puis dresser sur papier de « contrat dentelé », de concert avec le supérieur, l'inventaire de toute l'argenterie, de tous les joyaux et autres biens ou propriétés qui appartenaient à la maison le 1" mars de cette année (1536). Les visiteurs enjoignaient alors au supérieur de ne pas recevoir les loyers et de ne dépenser d'argent que ce qu'il en fallait pour l'entretien commun, jusqu'à ce qu'on fût informé définitivement du bon plaisir du roi. Ils lui prescrivaient en même temps de continuer à veiller sur ses terres, de « semer et de labourer » comme avant, jusqu'au moment où le fermier du roi le relèverait dans cette occupation. Quant à la communauté, on devait « envoyer ceux qui veulent rester en religion dans d'autres couvents, avec des lettres pour les supérieurs, et ceux qui veulent entrer dans le monde vers Mgr de Gantorbéry et le Lord chancelier, pour prendre des capacités ». A ces derniers on devait accorder « quelque indemnité raisonnable », dont le montant dépendait de léloignement du poste qui leur était assigné. Seul^ le supérieur pouvait être gratifié d'une pension, qu'il devait aller réclamer au chancelier de la Cour d'Accroissement (1). Ces instructions donneront au lecteur une idée des méthodes employées

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