‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 60 sur 278 · Ibid., A, 2/29, pp · texte numérisé non relu

Ibid., A, 2/29, pp

d. Assemblée générale du clergé d'Angleterre ou plutôt des représentants^ qu'il envoie. (Note du traducteur.)

l'antique coutume de l'Église. « Aucun prince temporel ne pouvait être chef suprême de l'Église, ni exercer aucune juridiction ou aucun pouvoir spirituels. Aucun prince temporel n'était autorisé par les lois de Dieu à réclamer les dîmes ou les prémices d'aucune province spirituelle. » Les terres données à Dieu, à l'Église ou à la religion ne pouvaient être confisquées et affectées à un usage profane. Le Pape de Rome devait être reconnu comme Chef de l'Église. Les clercs qui étaient alors en prison ou avaient été forcés de fuir pour avoir repoussé la primauté spirituelle du roi devaient être élargis ou rappelés. Les religieuxapostats, non pourvus d'une dispense du Pape, devaient être contraints de retourner dans leurs monastères (1).

Les articles, dont les principaux viennent d'être cités, furent présentés aux chefs de la révolte, qui envoyèrent à Doncaster demander un sauf-conduit au duc. Le mercredi, Aske^ suivi de trois cents partisans, traversait le pont du Don et entrait dans la ville. Ils furent logés chez les Dominicains, et le jeudi, dernier jour de novembre, ils choisirent « vingt chevaliers, squires et gens du peuple » et chargèrent Aske de porter la parole en leur nom. La députation se rendit « chez les Carmes, auprès du duc et des comtes ». Introduits en présence de Norfolk, les délégués « firent tous une humble révérence et, s'agenouillant, » ils implorèrent le pardon du roi. Norfolk, semblerait-il, rassura leur chef sur les intentions d'Henri à l'égard de leurs demandes et, surtout, à l'égard du pardon général et du parlement qui

l. Dixon, ], p. 473.

— lisse réunirait, dans l'année^ au lieu désigné par le roi,

Aske repartit d'abord pour aller chez les Dominicains rendre compte de sa mission à ses partisans, puis il poussa jusqu'à Pomfret,où était le gros de l'armée. Le lendemain matin, de bonne heure, il envoya le crieur public par la ville commander au peuple de venir « à la croix du marché » pour j recevoir le pardon du roi scellé du grand sceau. A cette nouvelle, le peuple « fit entendre des acclamations de joie», et toute la masse des insurgés, le chef en tête, s'ébranla. « Et aussitôt, » ainsi continue le récit de Robert Aske, « il vint une lettre de lord Lumley annonçant que ledit peuple ne serait point satisfait à moins qu'il ne vît le sceam du très miséricordieux pardon royal et que les abbés réintégrés dans les couvents abolis restassent en possession de leurs biens jusqu'à l'ouverture du parlement, — et ils ajoutaient que le parlement devait être à York ou sinon qu'ils allumeraient des feux d'alarme et soulèveraient le pays entier. »

Mais Robert Aske était satisfait des assurances de Norfolk et se fiait à l'honneur d'Henri. Il retourna donc, sans plus tarder, àPomfret,où les gens du peuple s'étaient rassemblés au nombre d'environ trois mille. Il les pressa d'accepter le pardon. Ses arguments triomphèrent de toute résistance, et, le héraut royal étant arrivé cette même nuit avec le document attendu^ ils se réunirent tous de bonne heure le lendemain, sur « la Colline de Saint-Thomas », située hors des murs de Pomfret, et, après avoir reçu le pardon, ils regagnèrent leurs foyers. Une fois de plus, Aske se rendit à Doncaster, et là, en présence du duc de Norfolk et des comtes, lui et ses partisans arrachèrent « leurs croix et leurs insignes des cinq plaies », pour

Henri vni. — II. 8

montrer que leur pèlerinage était terminé, et ils s'écrièrent : « Nous ne porterons plus d'autres insignes ni d'autres emblèmes que ceux de notre souverain seigneur (1). »

Ainsi finit le premier acte de ce drame qui fut le « Pèlerinage de Grâee ». La suite de l'histoire — le rôle des moines dans l'insurrection et le châtiment infligé aux vaincus — sera brièvement contée dans le chapitre qui va suivre.

Page 1