‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 75 sur 278 · Ghapter-House Bk. B, 2/H, p · texte numérisé non relu

Ghapter-House Bk. B, 2/H, p

2. Layton et Leg'h, commissaii-es royaux, reçurent la démission de William Thirsk dans la « Church Ghamber » [chambre de l'Église] au monastère de « St Mary's Fountains », le 19 janvier 1536. Ils lui accordèrent une pension annuelle de lOD marcs (« Calendar », X, 131). Une lettre, écrite par son successeur en date du 6 mars, nous apprend qu'il s'éleva à ce sujet de grandes difficultés. La pension de 40 livres fut trouvée exagérée et Thirsk, paraît-il, entendait garder tous les biens du monastèi-e, qui étaient d'une valeur supérieure à 1.000 livres. Selon l'archevêque Lee, il n'avait pas encore démissionné vers la fin de mars, car il voulait être sûr d'obtenir la pension méritée et promise (« Calendar », 521).

Slaveley étant là aussi, il répondit : Volontiers ; sur quoi il sortit un angelot (1) et leur dit de lui rendre la monnaie. Et Staveley prit la pièce dans sa main et déclara qu'elle était mauvaise. Alors le prévenu sortit un nouvel angelot et demanda la monnaie de cette autre pièce. Et le susdit Staveley les prit tous deux et les mit dans sa poche, en disant : « Vous autres, moines avares, vous avez trop et nous n'avons rien. Je ne te rendrai ni l'un ni l'autre. » Alors le prévenu reprit : « Vous n'aurez pas mon argent ainsi. Si vous êtes d'honnêtes gens, vous n'emporterez pas ces pièces. Vous ne devez recevoir de moi que 40 pence. » Cependant Middleton promit de rembourser l'argent si Staveley ne le rendait point, et ils partirent ainsi sans autres discours. »

Environ une semaine après, « les susdits Middleton et Staveley, vêtus d'une armure, vinrent trouver le susdit abbé de Jervaulx, tandis qu'il était dans sa chambre avec le prévenu, et ils sommèrent sous peine de mort les susdits abbé et prévenu, ainsi que tous leurs religieux et serviteurs, de partir avec eux surle-champ. Et de nombreux rebelles étaient dans la salle d'entrée et autour de la maison. Et l'abbé les pria instamment de les laisser en paix, lui et ses frères, vu qu'il ne convenait point que des religieux prissent part à une semblable querelle. Et, de même, le prévenu les pria de le laisser tranquille, lui aussi, car il était vieux, faible et impropre à une telle campagne. Néanmoins le prévenu apprit que le peuple emmena les serviteurs de la maison; mais, fût-ce par l'ordre de l'abbé ou non, il ne peut le dire. »

1. Pièce de monnaie d'une valeur de 10 shillings. (N. du tr.)

En outre, l'abbé nia catégoriquement avoir jamais demandé à Staveley ou à qui que ce fût, « au cas où il se produirait une nouvelle insurrection,... de l'aider à reprendre son ancienne charge. » Il déclara qu'il avait ignoré la première révolte, « ayant été à Londres pendant tout ce temps », et n'avait jamais entendu parler de l'envoi d'un message à sir Thomas Percy (1).

Les abbés de Jervaulx et de Fountains ne semblent donc pas avoir apporté aux insurgés un concours effectif. Le rôle joué par l'abbé de Whalley était d'une nature moins compromettante encore. William Rede, un boulanger d'Oxford, déposa qu'il avait porté des lettres écrites par l'abbé « à ses élèves qui étaient à Oxford » et une autre « à l'abbé de Hayles ». L'abbé l'avait chargé de le rappeler tout spécialement « à l'abbé de Hayles, et de lui dire qu'il était cruellement malade et affaibli. Priez-le, avait-il ajouté, de m'informer de la date où il se propose de venir en ce pays; je serais heureux de le revoir encore une fois avant de quitter ce monde, car je l'ai élevé ici depuis son enfance ». En route, le boulanger reçut un paquet de lettres expédié par un maître d'école pour être remis à « son fils Philippe, à Oriel Collège ». Lorsqu'il fut arrivé à Wotton, et qu'il eut dit au constable ce qu'il portait avec lui, on l'arrêta et on le conduisit au château de Kenilworth. Les lettres furent examinées et, autant qu'il est possible d'en juger, le maître d'école seul se trouva compromis (2).

Un autre témoin, il est vrai, déclara que l'abbé de Whalley avait prêté un cheval à Nicolas Tempest, de Bracewell. Mais les détails donnés sur ce point par

i. Chapter House, Bk., A, 2/29, p. 257, 258. 2. Ibid., A, 2/29, p. 134.

Tempest lui-même sont tout différents. II dit qu'il se rendit à l'abbaye « avec trois ou quatre cents hommes », et qu'après les « avoir laissés dehors environ deux heures, les moines ne leur permirent enfm d'entrer que parce qu'ils craignaient de voir incendier leurs granges et bâtiments. Et alors le prévenu fit jurer l'abbé et environ huit de ses frères selon la formule du serment d'Aske » (1). Ainsi le serment des pèlerins fut imposé aux religieux par les menaces et la violence. La seule autre offense reprochée à l'abbaye de Whalley fut d'avoir correspondu avec lord Darcy. « Mémorandum, » disent les notes du procès, « lord Darcy, au moment du Carême dernier, envoya copie d'une lettre que lui avait écrite mylord de Norfolk au prieur de Whalley, lequel est aujourd'hui accusé de haute trahison ; — d'où il appert que le susnommé lord Darcy favorisait ledit prieur, parce qu'il était un traître (2). »

Enfin, les seuls éléments d'information que l'on ait sur le prieuré de Bridington nous sont fournis par une note dont Crumwell est peut-être l'auteur. Elle est ainsi conçue : « En outre, le prieur de Bridlington et le frère appelé D"" Pickering furent les grands instigateurs de la première et de la dernière insurrection. Et ledit D" Pickering écrivit quantité de lettres pour agiter et exciter le peuple aussi bien lors de la première que de la dernière. Et, de plus, le prieur de Bridlington tenait tout prêts et sous les armes^ non seulement tous les serviteurs de la maison, mais un certain nombre de ses tenanciers, afin de venir en

Page 1