Papiers d'État
les moines et chanoines coupables de façon ou d'autre. » Et alors même que Sussex, pris de compassion, retenait son bras, Henri ne voulut accepter aucune excuse en faveur de quiconque avait ofTensé sa majesté. « En ce qui concerne, écrit-il, le vieillard à qui vous avez accordé un sursis, à cause de ses lamentations devant le tribunal, et parce qu'il allégua nous avoir servi trois fois déjà contre les Écossais et en d'autres circonstances ; — certes, nous ne pouvons que prendre en bonne part le sursis octroyé ; mais, considérant qu'il a si souvent reçu nos gages et que, néanmoins, il a ainsi fini par se laisser corrompre contre nous, nous pensons que, pour l'exemple, il mérite davantage la mort que les autres, lesquels n'avaient point auparavant éprouvé notre puissance souveraine ni reçu aucun bienfait de nous. — Et ainsi nous vous le livrons pour qu'il soit exécuté selon sa sentence (1). »
Dans plus d'une occasion, cependant, sous ce règne de la terreur, le peuple protesta contre les cruautés commises par l'enlèvement secret des corps des suppliciés, qu'on laissait suspendus à la potence ou aux arbres. Le duc de Norfolk fut pressé de faire une enquête et de châtier avec sévérité ceux qui avaient eu la hardiesse d'accomplir cet acte de charité chrétienne. En réponse, il nie avoir eu connaissance de la chose. « Vous désirez savoir, écrit-il à Crumwell, si les personnes qui furent exécutées dans le Westmoreland et le Cumberland ont été enlevées et mises en terre par mon ordre ou non. Assurément, mon bon lord, si j'avais consenti à cela, j'eusse voulu être pendu à