‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 88 sur 278 · History of Reformation », éd. 1679, lll, p · texte numérisé non relu

History of Reformation », éd. 1679, lll, p

2. Whittaker, « History of Whalley », p. 123. La date exacte paraît douteuse. D'après la lettre du roi à Sussex, il semblerait que l'abbé de Whalley était déjà mort quand Sussex écrivit à Henri des lettres que ce dernier dit avoir reçues le 11 mars. — Papiers d'État, I, p. 540.

détournement, jusqu'à plus ample connaissance de notre bon plaisir ; — approuvant beaucoup votre sage prévoyance en cela, nous jugeons utile de vous signifier que, vu qu'il appert que l'abbaye de Whalley a été corrompue entre toutes, à tel point qu'il y reste, semblerait-il, très peu de moines dignes de continuer une pareille communauté, nous pensons qu'il conviendra de prendre quelque mesure pour le renvoi des religieux y demeurant à ce jour. Et il est juste que nous devenions possesseur de la maison tout entière, comme nous y autorisent nos lois etl'attainder du défunt abbé; et nous imaginerons un nouvel établissement tel qu'il servira à l'honneur de Dieu, à notre sécurité et à la prospérité du pays. C'est pourquoi nous désirons que vous releviez habilement à la charge de tous les moines de Whalley leurs graves offenses envers nous et envers l'État, et que vous sondiez leurs esprits pour voir s'ils voudront nous obéir de bon cœur. » Ils sont libres, soit d'entrer dans d'autres monastères, soit de « prendre l'habit séculier ». Toutefois, Sussex devra s'efforcer de leur persuader d'entrer dans quelque autre monastère, car, dit le roi, « il n'est point salutaire pour ce royaume de les laisser vaguer en liberté » (1).

Les instructions du roi furent obéies. Quand vint la Saint-Michel de 1537, John Kechin, le receveur, avait vendu des biens et perçu des redevances pour une somme totale de 957 livres 11 shillings 7 pence, provenant de l'abbaye de Whalley, et il avait envoyé à Brian Tuke^ le trésorier du roi, environ 500 livres (2). Ainsi, au bout de quelques mois, Henri abandonna apparemment l'idée d'un « nouvel établissement » qui

i. Papiers d'État, I, p. 510.

2. « Exch. augm. office, Genei-al Accounts », 28-9 H. VIII, n» 211. Henri viii. — II 11

devait plus « servir à l'honneur de Dieu et à la prospérité du pays » que l'ancien monastère de Whalley. Peut-être, il est vrai, estimait-il qu'en remplissant la bourse royale, il exécutait sa première intention, qui était d' « honorer Dieu » et d'être utile au royaume.

Les abbayes de Barlings, de Jervaulx et de Kirksted, ainsi que le prieuré de Bridlington, tombèrent aussi vers cette époque sous le coup de la loi d'attainder. L'évêque Mackarel, abbé de Barlings, fut exécuté au mois de mars. Nous avons déjà parlé des crimes qui lui furent imputés. Son monastère partagea le sort de celui de Whalley. L'église, qui avait 300 pieds de long, fut mutilée. Le plomb qui recouvrait les toitures des bâtiments fut, comme à Kirksted, arraché et fondu par ordre spécial de Crumwell (1).

Bridlington, prieuré important de chanoines de Saint-Augustin, situé dans le Yorkshire et possédant un revenu annuel de 547 livres^ passa de même aux mains d'Henri VIII par suite de l'altainder et de l'exécution du prieur. L'année précédente, Crumwell avait vivement engagé la communauté à reconnaître le roi en qualité de fondateur, mais cette demande avait été repoussée (2). A la Saint-Michel de 1537, la vente des biens monastiques, conduite parTristram Teshe, receveur royal pour le district, avait produit plus de 800 livres. Les moines avaient été expulsés quelques mois auparavant, et au mois de mai, Crumwell avait informé le duc de Norfolk de l'intention qu'avait le roi de veiller aux intérêts des pauvres qui habitaient les environs de Jervaulx et de Bridlington. Il songeait à trouver « quelque personne riche, capable de contenir

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