‹ Henri VIII et les monastères anglais (volume 2)Chapitre 92 sur 278 · Wright · texte numérisé non relu

Wright

année -là, on paya près de 2.000 livres sur cette somme et sur le produit de la vente d'autres biens monastiques en Yorkshire, à titre de salaires accordés aux chevaliers et écuyers des frontières d'Ecosse, et ainsi le roi ne tira du butin qu'un bénéfice indirect (1).

On pressait également alors la grande abbaye de Furness, dans le Lancashire, de se rendre à Henri, L'abbé, Roger Pyle, et plusieurs de ses moines avaient, croyait-on, trempé dans la révolte du Nord. Les membres de la communauté, « ainsi que tenanciers et serviteurs, furent interrogés en particulier et avec succès (2). » Les résultats de l'enquête furent consignés dans l'acte d'accusation dressé contre certains membres de l'abbaye. L'abbé était coupable de « duplicité pour avoir, à l'époque de la visite, fait prêter à ses moines un faux serment ». Les religieux de Sawley, C[uand fut supprimé leur couvent, avaient été envoyés à Furness^ et l'abbé les avait engagés à retourner dans leur monastère pendant la rébellion. « L'abbé tint secrète la trahison d'Henri Sawley, moine, lequel avait dit qu'aucun fripon séculier ne devait être chef de l'Église. Ledit abbé sollicita également ses frères de se solidariser avec lui sur tous les points de l'accusation, promettant de leur rendre le même service. » Un des accusateurs était un moine nommé Robert Légat. Un prêtre nommé Roger Pelé, curé de Dalton, déclara aussi que l'abbé n'observait pas les injonctions du roi, et l'un de ses moines, John Broughton, ajouta qu'il connaissait les prophéties de la Sainte Fille du Kent et d'autres encore. L'un des intendants du monastère dit que l'abbé avait recommandé à ses frères d'avoir

i. Ministers'Accounts, 29-30. H. VIII,218, f. 18. 2. Lingard, VI, 339.

bon courage, « car il n'avait à craindre aucun des deux partis, ni celui du roi ni celui du peuple. » D'après un tenancier, il avait ordonné à ses moines d'aider le peuple de leur mieux, — « ce que, dit la relation de l'interrogatoire, l'abbé nie formellement en sa confession ».

A l'égard des religieux, on rapporta que le prieur, Brian Garner, et l'un des anciens, John Groyn, avaient assemblé leurs tenanciers la veille de la Toussaint, et que le dernier avait déclaré « que le roi ne nommerait point les abbés de l'endroit, car ils les voulaient choisir eux-mêmes ». Un certain moine avait contesté au roi la légitime jouissance de la couronne d'Angleterre, alors que d'autres avaient affirmé que « l'évêque de Rome était dépossédé injustement » (1).

Les résultats de l'interrogatoire de Furness furent communiqués à Henri par le comte de Sussex. Les offenses imputées au supérieur eussent été suffisantes pour lui assurer un sort pareil à celui des abbés de Whalley et de Sawley et pour faire tomber l'abbaye aux mains du roi en vertu de la loi d'attainder. Toutefois Sussex imagina un plan différent. « [Des interrogatoires que vous nous avez envoyés, lui écrivit le roi, il appert que l'abbé de Furness et plusieurs de ses moines n'ont point agi envers nous avec cette loyauté que leur commandait leur devoir. Nous vous prions donc et vous chargeons de méditer et d'inventer, avec la plus grande habileté, tous les moyens qu'il vous sera possible d'employer afm de rechercher et d'approfondir la vérité pure quant à leur conduite, pour savoir avec qui tous ou quelques-uns ont noué des in-

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