‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 101 sur 288 · Calendar », VI, préface, p. 21 r2« mai · texte numérisé non relu

Calendar », VI, préface, p. 21 r2« mai

même ne pouvait durer que si l'on étranglait les aspirations de la masse du peuple, qui convoitait de rentrer dans le sein de l'Eglise et soupirait après la réhabilitation de Catherine. Aussi fallait-il à tout prix étouffer les voix assez audacieuses pour blâmer l'union illégitime du roi et pour protester contre le rejet de l'autorité papale. Ghapuys appelle Anne Boleyn « la cause etpremière nourrice de l'hérésie » (1). Les nécessités de la situation obligèrent Anne, qui était résolue à se maintenir coûte que coûte, à provoquer de nouvelles mesures agressives contre le Saint-Siège et contre sa rivale exécrée. La reine Catherine était soupçonnée d'avoir obtenu de Rome la sentence d'excommunication qui fut affichée, à cette époque, sur les portes de l'église de Dunquerque (2). Ses serviteurs et les personnes de son entourage qui lui étaient dévouées furent congédiés, et l'on surveilla rigoureusement sa demeure de Bugden. Entre temps, l'on découvrit que deux frères Observantins, nommés Payn et Cornélius, avaient rendu une visite secrète à la reine déchue.

On attacha beaucoup d'importance à cet incident: d'autant plus que les deux visiteurs avaient été « éloignés sans bruit ». Les espions de Crumwell les filèrent jusqu'à Ware et les arrêtèrent finalement à Londres, en dépit de « nombreux artifices et stratagèmes par eux inventés pour s'échapper ».* On les amena devant le ministre. « L'interrogatoire ne fit rien découvrir de grand poids ou de haute importance » ; mais Crumwellr « poursuivant ses recherches », rapporta au roi que l'un de ces frères était « assurément une personne fort séditieuse, et ainsi il le mit en prison ». Crum-

1. Chipuys à Ch. -Quint. — Voy. Friedmann, « Anne Boleyn », I,p. 235.

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