‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 102 sur 288 · Stow, « Annals », éd. de 1504, p · texte numérisé non relu

Stow, « Annals », éd. de 1504, p

well ajouta : « Il est certain qu'ils se proposaient une action hardie, et qu'ils avoueraient si on les questionnait comme ils devraient l'être, à savoir par les souffrances (1), » ce qui signifie clairement: par la torture. Les Ohservantins de Greenwich étaient, semble-t-il, mêlés à l'affaire de ces deux religieux. Le supérieur s'était offert à les punir, si l'on voulait bien le charger de ce soin ; et on savait que le Père Peto, qui avait parlé avec tant de hardiesse contre le mariage du roi, avait traversé la mer et qu'il avait écrit à Hugh Payn, l'un des deux incriminés. Aux yeux de Crumwell tout au moins, ils étaient d'intelligence avec les Pères Rich et Risby, deux de leurs frères appartenant aux monastères de Richmond et de Cantorbéry, que l'on comptait au nombre des principaux conseillers et partisans de la Sainte Fille du Kent. Dans le cahier de notes de Crumwell, on trouve à cette date les mots suivants : « touchant l'interrogatoire du frère Risby — de la lettre envoyée par Peto au frère Payn (2) ». Autant qu'on en peut juger, les accusations portées contre les deux Ohservantins ne furent pas prouvées. Ils, durent être relâchés, car nous rencontrons encore Hugh Payn plus tard cette même année, au moment où il retombe entre les mains de Crumwell.

Au printemps de l'année 1534, les choses étaient déjà bien avancées. Le parlement, habilement dirigé par Crumwell, s'était montré si docile aux volontés d'Henri, que celui-ci put songer à porter le dernier

1. « Calendar », VJ, n° 8S7. La date que donne ici M. Froude (II, p. 163) nous fournit un nouvel exemple de son dédain habituel de l'exactitude même dans les petites choses. Il dit que ces faits eurent lieu « vers la lin d'octobre ou le commencement de novembre », alors que le document est bel et bien daté du 23 juillet.

2. a Calendar », n° 1370. Pour cette lettre, voy. ibid., n° 836.

coup aux intraitables religieux de Greenwich. Déjà, suivant un écrivain qui fait autorité (1), le frère Forest, qui, cinq ans plus tard, mourut de la mort d'un martyr, était confiné en prison ; mais il n'était pas surveillé au point de ne pouvoir communiquer par lettre avec Catherine et d'autres personnes. Il écrivit à la reine pour implorer ses prières et l'engager à ne pas s'affliger de son sort ; à l'âge de soixante-quatre ans, il espérait rester ferme, et, comme il ne comptait plus que sur trois jours de vie, il lui envoyait son rosaire (2). Peu après, en réponse à un billet venu de l'une des dames de Catherine, qui lui exprimait le chagrin que la reine éprouvait des mauvais traitements subis par son vieux confesseur en prison, le frère la pria de dire à Catherine que ce manque d'énergie n'était pas ce qu'il avait essayé de lui enseigner. Quant à lui, disait-il, il n'avait, pour sauver sa vie, qu'à trahir sa foi. Il terminait en la pressant d'accepter ses souffrances pour l'amour du Christ (3). Outre le frère Forest, il y avait en prison, à cette époque, deux autres Observantins, le frère Rich, supérieur de Richmond, et le frère Risby, supérieur de Cantorbéry, tous deux accusés d'avoir été en rapports avec la Sainte Fille du Kent.

1. Bouchier, « Hist. Eccl. de Mart. Fratrum », 1583. M. Gairdner place les lettres du frère Forest dans son « Calendar » (tome VII, 129-134), mais fait remarquer que rien ne prouve que le frère fût en prison à cette date, bien que « les plaintes du frère Lyst (tome VI, nos 16S, 334, 512) aient pu causerson emprisonnement ». Stowe, dans sa Chronique (éd. de 1580), dit, en 1532 r « Le 28 mai, le frère Forest fut mis en prison pour avoir contredit le prédicateur en présence du roi. » — Dans la liste des observations publiée par M. Gairdner dans son « Calendar » (tome VII, n° 1607), on voit le nom de « John en prison, à Londres ». Selon toute probabilité, la preuve la plus concluante qu'il était en prison à cette époque, c'est que nous n'entendons plus parler de lui. Le cahier de notes de Crumwell est muet sur le compte de ce redoutable adversaire.

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