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fut dépêché en qualité de commissaire pour procéder à une enquête (1). Comme les frères Elstow et Peto s'étaient attiré l'active rancune de Crumwell et du roi, ceux-ci eurent recours à tous les moyens pour influer sur les élections des Observanlins, afin de détruire la puissance de ces indociles religieux. Bien mieux : « On leur a dit, écrit Ghapuys à Charles-Quint, que le roi a dépêché des envoyés à Rome, vers le provincial de l'ordre aux larges manches (les Augustins), afin d'obtenir une commission pour les juger, — ce qui serait une insulte » à la corporation tout entière. Catherine et les Observantins eux-mêmes demandèrent à l'ambassadeur de l'Empire de protester à Rome contre l'idée d'une pareille commission, et Chapuys fit écrire au nonce une lettre dans ce sens (2). Aucune nomination ne fut faite; mais Henri n'abandonna point son projet, qui, pensait-il, lui offrait le procédé le plus sûr pour dompter les religieux. 11 semble que le commissaire envoyé par le général, Johan de la Haye, ait prévu ce qui arriverait. D'une part, il écrivit au roi pour lui exprimer ses regrets de ne pouvoir, conformément à ses désirs, destituer certains Pères gênants (3). D'autre part, il supplia ses frères anglais d'être prudents, de peur que le roi ne mît sa menace à exécution (4), « car ce serait une grande honte d'avoir un étranger à votre tête ».
Vers 1534, la brouille d'Henri et du pape avait atteint son apogée, et l'Église en Angleterre s'était complètement soustraite à l'ancienne domination de
1. « Calendar », V, 715 — 13 janvier 1532. Le frère Paul Parmensis, général des Frères mineurs, à Henri VIII.