‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 109 sur 288 · Calendar », VII, 641, 11 mai · texte numérisé non relu

Calendar », VII, 641, 11 mai

quel était l'âge de la prieure et le nombre des religieuses, et il « examina la qualité de leur blé, à la grande épouvante des sœurs ». Un troisième témoin déposa qu'il prenait parfois le nom de Kettilbye, et se donnait l'air « d'un jeune étudiant ». Le domestique de l'imposteur avait aussi affirmé à un autre témoin que son maître était parent de la reine Anne et se trouvait au service de Thomas Crumwell : de sorte que, ajouta le témoin, « je devais avoir soin de ne point le contrarier (1) ».

Le frère Pecock, le supérieur des Franciscains Observantins de Southamtpon qui, à la suite du sermon prêché à la cathédrale de Winchester, avait été arrêté et interrogé par Thomas Crumwell, avait fait l'expérience des ennuis que causait le système de visite inauguré par le roi. Le cas dont il avait à se plaindre rappelait assez les supercheries du prêtre James Billingford, et Pecock se demandait si la conduite qu'il avait tenue en cette circonstance ne lui attirerait pas une fois de plus la colère d'Henri et de son ministre. 11 écrivit donc de suite à Crumwell, « pour éviter, lui disait-il, votre déplaisir et celui du roi », et il lui raconta ce qui était arrivé.

« Le 15 juillet, écrit-il, un père Bénédictin vint nous trouver et, sans la moindre garantie, prit les clefs de notre portier et les remit à l'un de ses serviteurs. Puis, ayant sonné la cloche, il nous rassembla auchapilic et nous dit qu'il avait plein pouvoir du roi pour visiter le monastère. 11 lut ensuite un docuinriii scellé, prétendait-il, par Mgr de Cantorbéry, et qui contenait une ampliation des lettres patentes du

1 « Calendar », VIII, n° 81.

roi, par lesquelles tous pouvoirs d'inspection étaient donnés au 0r Brown, provincial des frères Augustins, et au Dr Hilsey, provincial des Bénédictins. Nous le prîmes pour le I)1 Hilsey, car il ne m'avait pas déclaré qu'il n'était point celui-ci quand je parlai avec lui dans la ville. Nous étions sur le point de l'accepter comme visiteur quand, par hasard, nous apprîmes par l'un de ses serviteurs que son nom ne se trouvait pas dans la commission et qu'il n'était pas le Dr Hilsey. Ne sachant que faire, nous rengageâmes à montrer son autorisation.il nous tendit une lettre de Voire Seigneurie, mais si mal écrite que je ne pus la déchiffrer, et revêtue, à ce qu'il prétendit, du sceau du Dr Hilsey. N'ignorant pas que celui-ci était un père sage et un bon clerc, nous ne crûmes pas à ces paroles, mais nous priâmes notre interlocuteur de nous monlrer de nouveau le premier document, pour voir si le Dr Hilsey était autorisé à se faire remplacer. 11 refusa ; et ainsi nous ne voulûmes point le laisser agir. Il nous menaça alors du déplaisir royal et du vôtre (1). »

Ace moment déjà, le « règne de la terreur », qui plus tard, sous la domination de Thomas Crumwell. s'étendit sur le royaume tout entier, avait commencé entre les murs des monastères. Nous avons décrit plus haut comment un fonctionnaire public, chargé d'interroger un prisonnier accusé d'avoir, au moyen de la violence et de la fraude, levé une contribution criminelle sur les abbayes et les couvents, avait déclaré à ce prisonnier que, s'il prouvait que les religieux étaient les ennemis d'Henri VHI, il achèterait ainsi « la faveur du roi ».Les gens sans foi ni loi avaient apparemment la

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