‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 12 sur 288 · Calendar », I, préface LXXV · texte numérisé non relu

Calendar », I, préface LXXV

goût, aux belles traditions du passé. Les temps nouveaux, du reste, étaient moins propices à l'éclosion de conseillers magnanimes et intrépides qu'à celle de talents actifs et remuants. « Une époque de révolution, écrit Macaulay, donne naissance à une catégorie d'esprits sagaces, vigilants et inventifs. Leur habileté triomphe du plus embarrassant concours de circonstances, et aucun signe du temps n'échappe à leur intelligence divinatrice. Mais c'est là une période peu favorable pour les vertus mâles et robustes. L'homme d'État qui commence sa carrière à un tel moment ne peut contracter de liaisons durables ; il ne peut pas faire d'observations exactes sur les questions élevées de l'a science politique. Avant qu'il puisse s'attacher à un parti, ce parti se désagrège. Avant qu'il puisse approfondir la nature d'un gouvernement, ce gouvernement est renversé. Le serment d'abjuration suit de près le serment de fidélité. Le contrat qui fut passé hier est aujourd'hui brûlé par le bourreau. Au milieu de ce remous et de ces fluctuations, le sentiment de conservation prime tous les autres chez l'aventurier. C'est chose trop difficile, même pour la tête la plus puissante, que de se préserver du vertige, dans ce tourbillonnement sans fin. De dévouement au bien public il n'est plus question. Le relâchement de ces principes sans lesquels aucun homme d'État ne saurait atteindre à la gloire, ni même à la sécurité, devient trop commun pour causer du scandale, et la nation entière reste le témoin impassible d'apostasies qui, en des temps plus calmes, feraient frémir le plus abject des renégats il). »

Page 1