Papiers d'État, I
et Bartholomew Burgoyn, capitulèrent après une longue discussion qu'ils eurent, à Sion, avec le prieur. Lui écrivant plus tard, ils parlent de la « grande peine » qu'il a prise pour conquérir deux autres religieux de leur couvent, et ils expriment l'espoir qu'il réussira à leur persuader de lui confier la direction de leurs âmes (1). Maurice Chauncy doit probablement la perte de la couronne du martyre , qu'il a tant déplorée, à l'influence perverse de ce prieur. En compagnie d'un autre moine de la Chartreuse, John Foxe, il fut envoyé à Sion vers la fin d'août 1534. La lettre qu'ils emportaient pour le « père confesseur » priait celui-ci d'argumenter avec eux et de « montrer envers eux la même charité qu'envers les précédents ». Ils ont des scrupules, dit l'auteur de la lettre, « au sujet de l'évêque de Rome », mais ils ne sont pas « obstinés », et chacun d'eux a un « livre de précédents » auquel il faut répondre (2).
Quand s'ouvrit l'année 1535, toutes les illusions qu'on pouvait encore nourrir sur les véritables Mentions d'Henri se dissipèrent. Le 15 janvier, en effet, le nouveau titre de « Suprême llead » (Chef suprême) fut ajouté aux anciens titres du roi par décret du Conseil. Mais la rupture avec Rome et les causes qui la provoquèrent avaient excité un vif mécontentement dans le pays en général. « Nulle autre question, dit M. Gairdner, ne donne lieu, pendant le règne tout entier, à l'expression si ouverte et si fréquente de sentiments hostiles au roi et à sa politique (3). » Parmi les sujets d'Henri, nombre des plus influents