Ibid., VII, Préface des n0* I . etc
attendaient avec impatience qu'une intervention étrangère vînt arrêter le cours des exploits où il s'était engagé. Chapuys affirme avoir reçu du médecin de lord Darcy l'assurance que « le royaume entier était à tel point indigné des injustices et des énormités qui se commettaient alors, que si l'Empereur voulait tenter le moindre effort, le roi serait perdu » (1). L'Acte de Suprématie avait, il est vrai, beaucoup accru non seulement la liste des titres du roi, mais sa puissance : car il faut bien dire que, dans la confection de cet Acte, on ne feignit pas d'afficher un souci fort scrupuleux des libertés civiles. Investi, de par la décision de juges complaisants, au même degré que toute autorité spirituelle, du pouvoir « de visiter, réprimer, redresser, réformer, rectifier, corriger, contenir et amender tous abus, excès, hérésies, erreurs, offenses,, excitations à la haine et au mépris, quels qu'ils soient », à quelles extrémités ne pouvait se porter un roi aussi peu scrupuleux qu'Henri VIII, poussé par un ministre comme Crumwell ! Rien d'étonnant si le peuple anglais envisageait avec effroi l'accroissement d'un pouvoir qui embrassait les domaines spirituel et temporel... Rien d'étonnant s'il se défiait d'un monarque qui, selon l'expression recherchée, mais significative d'un vieil auteur, fut institué « roi avec un pape dans le ventre » (2).
Pour les moines de la Chartreuse, l'Acte de Suprématie était synonyme de destruction. A la fin de 1534, Crumwell devait être parfaitement fixé : quelquesuns des esprits faibles de la communauté avaient pu être séduits par des promesses ou des arguments spé-