Calendar », VIII, n
pouvaient « tenir le souverain pour chef suprême de l'Église, mais bien celui qui est chef de l'Église, par la volonté de Dieu, c'est-à-dire févêque de Rome, comme l'enseignent Ambroise, Jérôme, et Augustin ». Richard Reynolds affirma qu'il « verserait son sang pour le roi, mais que le Pape était chef de l'Église qui existait ici depuis trois cents ans, et non le roi. » Il ajouta qu'il agissait, sur ce point, « comme des milliers et des milliers qui sont morts » (1). Comme il semblait que rien ne pourrait ébranler la fermeté de ces religieux, une commission spéciale fut chargée de les juger pour haute trahison en vertu de l'Acte de Succession. Le 24 avril, la liste des membres du jury de mise en accusation était dressée, et le jour du procès fut fixé au mercredi 28 du même mois. L'avant-veille, les prévenus subirent un interrogatoire, dans la Tour, devant Crumwell et un comité du Conseil privé. Leur refus de prêter le serment de suprématie en cette circonstance forma le fond même de l'accusation portée contre eux. En effet, ils comparurent devant les jurés, le 28, sous l'inculpation d'avoir, « le 2G avril, en la 27e année du règne d'Henri VIIIJ ouvertement dit et déclaré, à la Tour de Londres, dans le comté de Middlesex, que le roi, notre souverain lord, n'est point chef suprême en ce monde de l'Église d'Angleterre ». Devant cette accusation inouïe de trahison verbale, ils plaidèrent, tous les quatre, « non coupables ». Les jurés remirent leur verdict au jour suivant.
« Les jurés, dit une ancienne relation de ce procès, ne pouvaient se décider à condamner ces quatre religieux, parce que leur conscience leur montrait