Ibid., n
3. Ibid., n° 895. — Sanders donne des détails identiques sur le supplice inhumain qui fut infligé à ces trois pères : « Pendant les treize jours, ditil, qui précédèrent leur exécution, on les obligea de se tenir debout sans qu'ils pussent remuer d'aucune façon, contenus qu'ils étaient par des anneaux de fer passés au cou, aux bras et aux cuisses. » — Traduction de Lewis, p. 119.
furent accusés de la même offense que celle qui avait déjà coûté la vie à leur prieur. 11 fut déclaré que le 25 mai, à Stepney, chacun avait dit dans le cours d'une conversation qu'ils tenaient entre eux : « Je ne puis ni ne veux obéir à Sa Majesté le roi en sujet fidèle, loyal et soumis, ni le prendre et regarder comme chef suprême en ce monde de l'Eglise d'Angleterre, après le Christ (1). » Ils plaidèrent « non coupables », mais furent condamnés le 11 juin et exécutés à Tyburn le 19 du même mois.
Pendant 1rs deux années qui suivirent, on n'emprisonna plus de Chartreux. On comptait, par le raisonnement, par la restriction de leur liberté et par un régime plus sévère, pouvoir briser l'esprit de fermeté dont ils faisaient preuve. L'archidiacre Bedyll se montre tour à tour plein de confiance et découragé. Six semaines après l'exécution deMiddlemore etdesesdeux compagnons, il raconte à Crumwell qu'il fonde maintenant « plus d'espoir sur les obstinés de la Chartreuse, lesquels, privés d'esprit et de raison, ont été jusque-là pareils à des fous ». Puis il glisse une allusion a des largesses possibles et s'engage à leur envoyer l'argent, si tel est le bon plaisir de son maître.
La communauté fut l'objet de la plus stricte surveillance. Un groupe de laïques fut désigné pour dirigerla maison, ainsi convertie en véritable prison. Les lettres de Jasper Fyllol, l'un de ces geôliers, nous ou- \roni pan ci par-là un aperçu sur l'étal d'asservissement auquel les moines furenl condamnés durant cette période. Il- manquaient, selon toute apparence, des vêtements nécessaires, car à rapproche de l'hiver, en 1535,