‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 148 sur 288 · Rec. office. Corr. de Crumwell, t. XV, n · texte numérisé non relu

Rec. office. Corr. de Crumwell, t. XV, n

où le peuple les tenait (1) dut les rendre gênants, dangereux même, pour Crumwell et pour ses desseins. Ce fut, à cette époque, l'avis de bien des étrangers en Angleterre que si le pape ou l'empereur avaient fait un mouvement, le pays se serait soulevé contre ses maîtres (2). John Ap Rice et Thomas Legh, — plus tard nommés visiteurs des monastères — , qui avaient parcouru toute l'Angleterre pour le compte du roi et avaient pu ainsi se former une opinion, déclarèrent que les évêques mêmes eussent « voulu déférer leur juridiction à un autre qu'au roi, s'ils avaient osé » (3). D'où la nécessité d'abattre sans tarder les corporations monastiques, que Crumwell considérait comme autant de forteresses dévouées à la puissance papale, éparses dans toute l'étendue de la contrée. « Le sentiment, écrit von Ranke, que tenaient beaucoup de grands personnages de l'Etat et de l'Église était celui qui animait les pieux membres des monastères et des couvents cloîtrés. Ils s'opposèrent à la suprématie non pas, dirent-ils, par esprit de désobéissance, mais parce que leur sainte Mère l'Église en avait décidé autrement que le roi et le parlement l'ordonnaient. Cette excuse ne servit qu'à les faire condamner. Les règles qu'ils observaient, les ordres auxquels ils appartenaient, étaient l'expression la plus vivante dune parfaite communion avec la chrétienté latine : c'étaient précisément ces liens que le parlement voulait rompre. Wolsey, nous le savons, avait entrepris avec l'aide de

1. Voy. Harpsfield, « Treatise on the Divorce ». Édition de la Camden Society, p. 296-301. — Les documents relatifs au Pèlerinage de Grâce nous fournissent des preuves abondantes de cette estime du peuple pour les religieux.

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