History of En gland », t. I, p. 158 (éd
2. Les revenus du roi, vers cette époque, ont été évalués à environ 140 000 livres par an. Hume fixe le chiffre des revenus de la nation tout entière à 3.000.000 de livres, sur lesquels de 140.000 à 170.000 livres appartenaient aux communautés religieuses (Cf. Lingard, note E, t. VI). En outre, Henri VIII réalisa d'immenses sommes d'argent par la vente des ornements sacrés et des joyaux enlevés aux églises des monastères. Donc, si nous tenons compte de tout cela et si nous regardons la valeur de l'argent comme douze fois supérieure à sa valeur actuelle, nous voyons que la somme provenant des biens confisqués dut représenter quelque 50 millions de livres sterling de notre monnaie. (Cf. Blunt, « Reformation », p. 37t.)
d'immenses profits des gens d'Église (1), pourraient être confirmés jusqu'à un certain point. » Mais cette insinuation était de nature à éveiller les craintes personnelles de Crumwell, car elle lui laissait entrevoir la ruine possible d'Anne Boleyn et de son parti, qui l'entraîneraient lui-même dans leur chute. Se débarrasser des maisons religieuses, c'était donc fermer toute retraite à qui s'engageait sur cette voie. Ce serait, de plus, frapper au cœur la puissance papale en Angleterre et briser à jamais toutes les espérances que l'on pouvait nourrir sur son rétablissement. Dès le mois de mai 1535, Chapuys écrivait à Charles-Quint : « Le peuple est constamment pillé et grugé. On pense que le roi les supprimera (les Chartreux), car ils sont riches et il ne faut point compter leur faire changer d'opinion (2). »
Le parlement avait, depuis deux ans, transféré le droit de visite, qui passait des mains du pape en celles du Roi (3). Henri était autorisé à créer des commissions pour inspecter « les monastères, prieurés et niaisons religieuses exemptées ». Crumwell, ancien agent de Wolsey, savait comment s'y prendre pour procéder à ces visites. Il avait, en cette qualité, parcouru le pays entier et s'était acquis la réputation d'être « accessible aux présents et autres moyens de corruption dans le commerce des baux monastiques » (4). Lord Herbert atteste que le projet de Dissolution fut débattu au sein du Conseil, où il rencontra une vive résistance.
4. Il s'agit de l'acte du parlement qui donnait au roi les « prémices » et les « dîmes ».