Brewer, « Henry VlII », t. II, p
Devant cette désapprobation, Henri VIII comprit qu'il lui faudrait n'accomplir ses desseins que graduellement (1).
Les commissaires royaux commencèrent par visiter la Chartreuse et les couvents d'Observantins de Richmond et de Greenwich. Us s'étaient à peine mis au travail qu'ils se voyaient barrer la route par les évoques. La lettre du roi à Cranmer, en date du 18 septembre, suspendit l'action de l'autorité épiscopale pendant la durée de la commission. Les évoques ne goûtèrent pas cette ingérence d'Henri VIII dans leurs attributions, et ce ne fut que quinze jours plus tard — le 2 octobre — que l'archevêque de Cantorbéry communiqua les injonctions du roi à ses sufïragants (2). En même temps, deux des commissaires, Legh et Ap Rice, présentaient à Crumwell les raisons qui, selon eux, devaient l'engager à suspendre les pouvoirs des évêques, « afin que, écrivaient-ils, les susdits ne vous cherchent point chicane à propos des injonctions » (3).
A cette époque, les universités d'Oxford et de Cambridge étaient presque considérées comme des institutions monastiques. Dès le commencement de novembre, nous rencontrons, occupés à la même besogne, le Dr Layton à Oxford, et le DrLegh, son digne coadjuteur, à l'université sœur. Legh avait écrit le 3 sep-
1. Brewer, « Henry VIII, » t. II, Ibid. p. 224. — Gomme le Journal du Conseil de cette période ne nous est pas encore connu, il est impossible de vérifier cette affirmation de lord Herbert. Mais tout nous porte à croire qu'elle est conforme à la vérité. Signalons ici qu'il existe des lacunes extraor. dinaires dans les Journaux de la Chambre des Lords et de la Chambre des Communes,comme dans celui du Conseil, au moment le plus critique dece règne.