‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 152 sur 288 · Ibid., no · texte numérisé non relu

Ibid., no

tembre à Crumwell pour demander que ces collèges fussent visités; mais il lui recommandait « de bien choisir celui qu'il enverrait aux universités d'Oxford et de Cambridge, car on y pouvait trouver la source soit de toute vertu et probité, soit de tout vice et crime » (1). Les détails que donne Layton au sujet d'Oxford et de ses propres faits et gestes nous ouvrent un aperçu sur la brutalité avec laquelle fut menée cette inspection.

« Nous avons expédié Duns Scot à Bocardo (2), dit -il, et l'avons complètement banni d'Oxford pour toujours, lui et toutes ses gloses aveugles. Nous avons fait de lui le vil serviteur de chacun et l'avons cloué solidement aux portes de tous les lieux d'aisances : id quod oculis meis vidi. Et la seconde fois que nous allâmes à « New Collège », après avoir publié vos injonctions, nous vîmes toute la grande cour quadrangulaire pleine des feuillets de Duns, balayés par le vent dans tous les coins. Et là, nous trouvâmes un certain M. Greenfield, gentilhomme du Buckinghamshire, qui ramassait les feuilles des livres pour s'en servir, disait-il, comme d'épouvantail destiné à retenir les daims dans le bois et à procurer plus de gibier à ses chiens (3). »

On abolissait ainsi l'étude de la philosophie scolastique, représentée par Duns Scot; mieux que cela, on défendit l'étude du droit canon, et l'on imposa des règlements plus sévères aux étudiants.

1. Wright, « Suppression of Monasteries », Camden Society, p. 61.

2. « Bocardo » était le nom donné à l'ancienne porte septentrionale d'Oxford. Elle servait de prison : cette appellation prit par la suite une acception plus étendue. Latimer emploie ce mot dans l'un de ces sermons. Cf. « Botes and Querus », 2e série, VIII, 1er octobre 1859.

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