‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 161 sur 288 · Ibid., IX, n · texte numérisé non relu

Ibid., IX, n

avait guidé Legh en rendant les injonctions impossibles à observer (1).

L'histoire a peut-être eu raison de jeter un voile sur le triste sort des pauvres religieuses livrées à la merci de pareils scélérats. Cependant nous pouvonssaisir, par-ci par-là, une faible lueur de l'affreuse réalité. Le Dr Ortiz rapporte, en ces termes, à l'impératrice, les bruits qui courent à Rome sur la visite des couvents en Angleterre, mesure attribuée par lui et. par beaucoup d'autres à l'influence d'Anne Boleyn, qui haïssait les religieux comme les pires adversaires de son mariage avec Henri VIIÏ : « En Angleterre, Anne enleva de certains monastères les personnes les mieux portantes et laissa les infirmes avec de si maigres ressources qu'elles furent forcées d'abandonner l'état religieux. Toutes les nonnes âgées de moins de vingt-cinq ans furent expulsées, et l'un des commissaires chargés de cette besogne parla de façon immodeste aux nonnes, qui le réprimandèrent, disant qu'on violait leurs privilèges apostoliques. Le commissaire répondit qu'il tenait du roi des pouvoirs plus vastes que n'en avait le Siège Apostolique tout entier, et en transmettant leur plainte à maître Crumwell, le secrétaire du roi et la source de tous ces maux, il leur annonça que c'était le commencement de la fin (2). » Sanders, presque un contemporain, atteste que « Lee (Legh)., afin de remplir en conscience la mission qui lui était imposée, poussa les religieuses à pécher et s'occupa plus volontiers de parler d'impuretés que de toute autre chose (3). »

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