‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 163 sur 288 · Church History », II, p. 216 (éd · texte numérisé non relu

Church History », II, p. 216 (éd

lesquelles ne nous sont connues que par une vague tradition (1). »

Aucune description ne saurait donner une idée plus nette de l'abjecte pauvreté à laquelle nombre de maisons religieuses étaient réduites depuis quelques années, par suite des exactions du roi et de Crumwell, que les lettres de Layton lui-même. Celles-ci serviront également à montrer avec quelle rapidité les commissaires vinrent à bout de leur tâche. Elles nous permettront, en outre, d'estimer à leur juste valeur des accusations portées à la légère et en bloc, dépourvues même du moindre fondement.

Voici une lettre de Layton relative à la visite du Sussex, en octobre 1535 : « Vendredi soir, j'arrivai, en Sussex, dans une abbaye nommée Durford. Il vaudrait mieux l'appeler « Dirtyford (2) » : c'est bien la plus pauvre maison que j'aie vue, très endettée et tombant en ruines, comme peut le certifier le porteur de la présente, qui en est l'abbé. Ce jeune homme a fort bien agi tant qu'il est resté là. Je l'ai autorisé à se rendre auprès de vous pour vous entretenir des licences et franchises nécessaires pour lui-même et pour ses frères. — Une abbaye ou prieuré de frères mineurs et un prieuré de chanoines sont situés tout près l'un de l'autre, du côté de Chichester, mais, comme ils ne pouvaient nous loger à cause de leur pauvreté, nous fûmes forcés de nous écarter de notre chemin et d'aller à une abbaye de Cisterciens nommée Waverly, pour y passer la nuit du samedi... Nous expédierons

1. « The Ueforrnation of the Cliurch of England », par le Ré v. J. II. Blimt. 6e édition, 1S85, tome I, p. 316.

2. Jeu do mots. « Dirty », en anglais, signifie « malpropre ». (Note du

ti-ad.)

rapidement ces deux pauvres prieurés lundi, et nous serons lundi soir à la cathédrale de Chichester (1). »

Il est probable que le docteur ne fut pas enchanté de son séjour à l'abbaye de Waverly. C'est ce que nous apprend la lettre suivante, qui prouve aussi qu'avec les serviteurs laïques imposés par la tyrannie de la Couronne, les moines avaient cessé d'être les maîtres chez eux.

« J'ai permis au porteur de la présente, abbé de Waverly, d'aller vous demander l'autorisation de surveiller ses travaux d'agriculture, en quoi consiste la richesse du monastère. L'homme est honnête, mais point enfant de Salomon : chacun des moines de la maison est son camarade, et chaque serviteur son maître. M. le trésorier lui a imposé des domestiques auxquels le pauvre homme n'ose ni commander ni déplaire. Hier matin, de bonne heure, étant occupé dans ma chambre à l'interrogatoire, je ne pus avoir ni pain, ni boisson, ni feu de ces garnements, au point que j'étais glacé, — et l'abbé n'osait pas leur parler. Je les appelai tous devant moi, et j'oubliai (sic) de prendre leurs noms, — mais j'enlevai à chacun les clefs de sa charge et je nommai d'autres domestiques pour le temps que je resterai ici. Ce sont peut-être d'aussi francs coquins que les autres. Il sera utile que vous lui donniez une leçon, et disiez au pauvre sot ce qu'il doit faire au milieu de ses moines (2). »

Les lettres de Layton nous édifieront aussi sur la façon dont les religieux étaient traités par ce visiteur qu'on envoyait pour corriger leur moralité. Il écrit de Bath au sujet de sa visite à Farley, maison située

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