‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 167 sur 288 · Wright, p · texte numérisé non relu

Wright, p

2. Rec. off. — Corresp. de Crumwell, tome XLV, nos 43, 44, 45, 49.

3. Il est absolument inexact que tous les religieux aient obtenu une pension,

qui furent renvoyées dans le monde sans aucun moyen de subsistance et sans amis.

Les documents et les lettres de ce temps nous fournissent de nombreux exemples de la difficulté que rencontraient les supérieurs, durant cette période agitée, à diriger leurs maisons. Non seulement ils devaient subir des contraintes cruelles et intolérables, mais encore l'on poussait le plus possible leurs subordonnés à se révolter contre une autorité qu'ils avaient juré de respecter. On pressait les moines de se faire les délateurs de leurs frères et de leurs abbés. Les dénonciations malveillantes, encouragées avec soin, furent le germe de discordes et de calamités qui troubla la paix du cloître. L'abbé de Breuern fut traduit en justice à trois reprises différentes pour avoir empêché un de ses moines d'aller à Londres présenter ses plaintes à Crumwell (1). John, abbé de Whitby, était aussi fort tourmenté par les nouvelles injonctions : « Et puis, écrivait-il, lorsque vous m'ordonnez de procurer à chaque frère un cheval et de l'argent pour aller se plaindre, dès qu'il croirales injonctionsviolées, réfléchissez pour l'amour de Dieu, Mylord, à lafrivolité et à la légèreté de certaines personnes qui parfois se plaignent sans motif (2). »

Un moine de Winchcombe, Dan Peter, écrivit une lettre de plaintes sur son abbé: le fin mot de l'histoire, c'est que son supérieur voulait maintenir la discipline, et que lui ne le voulait pas. Il glisse aussi une allu-

si mince qu'elle fût. Ceux qui jouirent de pareille faveur furent la petite minorité, comme le prouvent les « livresde pensions ». Les jeunes n'eurent pas de pensions, car on ne les accordait qu'à une condition : « tempore dissolutionis et diu antea ».

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