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inutile de la conter de nouveau. Crumwell avait envoyé aux évêques des instructions pour qu'ils surveillassent les monastères de leurs provinces (1). En conséquence, Shaxton, évêque de Salisbury, informa son maître qu'il y avait, à Reading, un moine qui enseignait la théologie d'une façon propre à endurcir les religieux dans leur attachement aux anciennes doctrines et surtout dans leur fidélité au siège de Rome. Là-dessus, il obtint un ordre qui forçait l'abbé à remplacer le moine en question par un de ses propres clercs, « vu qu'il était impossible de corriger leur jugement, à moins qu'ils n'eussent un meilleur maître » (2). L'abbé, naturellement, opposa une résistance énergique. Il allégua que le monastère avait déjà un professeur capable, qui était un gradué d'Oxford très versé dans la langue latine et dans les Saintes Écritures. Et puis, la maison n'avait « guère le moyen de supporter les dépenses supplémentaires » qu'occasionnerait le séjour du professeur étranger, lequel devait avoir « des appointements convenables et prendre ses repas à la table de l'abbé ». Il ne fallait pas oublier, non plus, que Richard Cobbes, le clerc recommandé par Shaxton, avait été prêtre et chanoine, qu'il « était alors destitué et marié », que c'était donc « un homme très dangereux » pour une communauté religieuse (3).
Nous ne possédons que de bien médiocres renseignements sur la détresse et l'angoisse qui durent régner dans les cloîtres d'Angleterre pendant cette période. Les pressentiments et les réflexions intimes des reli-