‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 178 sur 288 · AnnsBoleyn », I, p · texte numérisé non relu

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récit semblable : « Quand on convoqua ce parlement, on prit grand soin de n'appeler que ceux qui étaient bien disposés pour les désirs du roi, » et les membres en furent choisis selon les instructions d'Henri VIII. A la Chambre des Lords, quiconque pouvait être soupçonné d'une velléité de résistance aux projets du roi « reçut Tordre de rester chez lui», sous un prétexte ou sous un autre. « Pour vous montrer, continue le Dr Hyliard, que ce que j'avance, je ne l'ai point appris par une vague rumeur, mais par une connaissance certaine, sachez que j'étais alors dans la maison de Cuthbert Tunstall, évêque de Durham; et l'on craignait que celui-ci, étant un homme savant et droit, ne s'opposât aux injustes exigences du roi. Aussi nous étions déjà en chemin, et non loin de Londres, où devait se tenir le parlement, quand Crumwell, qui était le tout-puissant vicaire du roi, envoya une lettre à l'évêque. Celle-ci parlait longuement de l'affection toute spéciale du roi pour l'évêque, puis exposait qu'à cause de Tinclémence de la température, de la rigueur de l'hiver et des difficultés de la route, un voyage était à peu près impraticable pour un homme de l'âge de Tunstall. » C'est pourquoi le monarque, par affection pour Tévêque, lui accordait la permission de s'absenter. Tunstall, très perplexe, ne savait à quel parti s'arrêter. Il ne voulait pas, en n'allant pas siéger, laisser aux créatures du roi leur entière liberté d'action ; mais, d'un autre côté, il redoutait de désobéir à la volonté d'Henri. Tandis qu'il hésitait, « voilà que, le lendemain, arriva une nouvelle lettre, non plus de Crumwell, mais du roi lui-même, qui non seulement lui permettait, mais lui commandait de retourner sans délai dans son diocèse. Je rapporte cela, dit le Dr Hy-

liard, pour montrer à l'aide de quelles machinations et ruses on fit triompher des projets qui ne pouvaient se réaliser ni par la loi, ni par l'ordre, ni par la raison. Et l'on usa, quand le parlement siégeait, d'aussi grande tromperie pour surprendre son vote qu'on en avait employé lors de sa convocation (1). »

Les pairs spirituels comprenaient, au début du règne d'Henri VIII, les deux archevêques, 19 évoques et 28 abbés. Le roi leur adjoignit, l'abbé de Tewkesbury en 1512, l'abbé de Tavistock en 1514, et l'abbé de Burton en 1534. Le maximum fut atteint vers l'année 1534, où les pairs spirituels étaient au nombre de 52. Plus tard, au moment de la dissolution des grands monastères, ils furent réduits à 29. Le nombre des pairs laïques variait entre 36 et 51. Les pairs spirituels étaient donc en majorité. Pourtant, le Journal des Lords nous montre que « dans les occasions les plus critiques (2) », il y avait « environ 20 évêques et abbés contre 30 lords laïques », et que les membres absents ne pouvaient voter par procuration (3). En outre, dès que le gouvernement proposait une mesure à l'assemblée, il n'était même pas permis d'aller aux voix : ceux qui assistaient à la séance étaient regardés comme

i. Brit. Muséum, Arundel MS. 152, fol. 312 d. « Verum in hoc concilio », etc. Les paroles de Hyliard ne sont pas citées par Tanner ni par Dodd ; son livre devait être entre les mains de ceux qui publièrent l'édition romaine de Sanders en 1586. A en juger par le fragment conservé dans le Manuscrit Arundel, ce livre était évidemment une histoire de son époque, d'une étendue considérable. L'auteur était à même de se procurer les meilleures informations. Le roi et Crumwell brûlaient de s'emparer de sa personne, comme il ressort de nombreux documents et lettres dont nous reparlerons : c'est qu'ils tenaient donc beaucoup à lui fermer la bouche. Un acte du parlement le condamna par contumace. Dans ces circonstances, il est à désirer que l'on retrouve cette Histoire perdue et oubliée jusqu'ici.

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