‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 180 sur 288 · Calendar », IX, n · texte numérisé non relu

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tait de les exclure tout à fait du parlement, de crainte qu'ils ne s'opposassent au projet de spoliation des monastères, et il affirmait qu'on avait déjà préparé un décret dans ce sens.

Hallam nous fournit une peinture parfaite de l'obséquiosité et de la vénalité des Lords et des Communes sous le règne d'Henri VIII : « Les deux Chambres du parlement obéissaient à tous les ordres qui émanaient de l'impérieuse volonté du roi. Elles ployaient sous chaque souffle de son humeur capricieuse. Elles sont responsables des jugements iniques, des injustes condamnations pour félonie, des statuts sanguinaires, des actes tyranniques auxquels elles donnèrent une sanction légale et de ceux qu'elles laissèrent s'accomplir sans aucune sanction légale. Et cette servilité pusillanime et égoïste ne fut pas uniquement l'apanage des favoris d'Henri VIII, des Crumwell, des Ryder, des Paget, des Russell, des Paulett : les représentants d'anciennes et honorables familles, tels que les Norfolk, les Arundel, les Shrewsbury, secondaient aussi la politique royale. Si nous suivons dans leur carrière ces nobles hommes d'État, nous les voyons apporter leur concours à toutes les mesures incohérentes du règne, à tous les changements de religion : ils ne restent constants que dans leur avide poursuite des biens et des honneurs, d'où qu'ils viennent, et dans leur attachement au pouvoir actuel (1). Henri VIII

1. Henri VIII se comporta, envers les nobles, d'une tout autre façon que son père, qui les avait humiliés. Les faveurs royales tombaient à flots sur ceux qu'avait remarqués le roi : à eux les riches mariages, les donations de propriétés découpées dans les domaines de la Couronne ou dans les biens confisqués, et, les monastères une fois supprimés, la participation aux dépouilles ! Les moins curieuses de ces donations aux courtisans n'éfaient certes pas les annuités qui leur furent servies sur les revenus soit des sièges

détestait tous les parlements au même point que Charles Ier et son ministre, lord Strafford. Le tyran Tudor assura l'exécution de ses desseins par un code de peines et de châtiments si horrible, que toutes les classes de la société en furent épouvantées. Puis, quand la nation fut réduite à cet état d'abjecte et lâche servitude, le roi trempa ses mains dans le plus généreux sang du pays et vola ses sujets avec un débordement tel qu'on n'en avait jamais vu de semblable en aucune contrée civilisée. »

Les Communes, quand siégea le parlement connu sous le nom de « Parlement de la Réforme », comprenaient deux cent quatre-vingt-dix-huit membres. Il suffit de jeter un coup d'œil sur les relevés officiels pour se convaincre que certains comtés étaient représentés dans des proportions si dissemblables qu'on avait dû diviser telle province en plus ou moins de parties correspondant aux diverses sphères d'influence du roi. « Quant aux élections pour le parlement, ainsi s'exprime un écrivain autorisé à propos des statuts adoptés sous ce règne, nous rencontrons, pendant toute la durée du règne d'Henri VIII, de nombreux exemples d'intervention directe venant du gouvernement ou de pairs et d'évêques ayant des rapports avec la Cour et possédant de vastes domaines. Ainsi, nous lisons, dans les « Collections > d'Ellis, une lettre de lord Dacre à Wolsey, où il mentionne Tordre royal d'après lequel

épiscopaux, soit des abbayes. Pour ces dernières, le cas se présenta souvent. Pour les autres, il est un exemple bien connu : c'est celui de l'Acte qui assurait au duc de Norfolk et à six autres personnes une pension sur les revenus du siège épiscopal de Winchester. Un nouvel Acte confirma également les donations octroyées au duc de Suffolk, au comte de Sussex et à Lord Fitzwalter, au détriment du Siège de Norwich. Voy. Amos, « Statutes of Henry VIII », p. 4.

son frère doit être élu représentant du comté de Cumberland et prie Wolsey d'excuser son refus : il implore « Sa Majesté de souffrir qu'il soit remplacé par M. Heneage ou par tel autre de vos serviteurs, Mylord, que vous voudrez bien désigner. » M. Hallam cite une lettre de sir Rodert Sadler, qui informe son correspondant que le duc de Norfolk avait parlé au roi, et que celui-ci ne demandait pas mieux que sir Robert fût membre du parlement pour Oxford : il devait « se faire nommer audit siège conformément aux instructions que ledit duc de Norfolk lui remettrait de la part du roi... » Au cours de la session qui suivit immédiatement celle du Parlement de la Réforme, il s'éleva un grand débat au sujet d'un subside extraordinairement élevé que demandait le roi. Une lettre, qui se trouve dans les « Collections » d'Ëllis, apprend au comte de Surrey que, « hier, la majorité, c'est-à-dire le Conseil du roi, les- serviteurs et gentilshommes du roi, lui ont accordé son subside, » et que les membres de la minorité avaient été « intimidés et contraints de dire oui, malgré les pressentiments de leur cœur, volonté et conscience (1). »

Le parlement composé avec tant de soin en 1529 pour servir les desseins du roi tint, le 4 février 1536r sa dernière session, où devait être décidé le sort des monastères. Les premiers jours de la session ayant été absorbés par d'autres affaires, la Chambre fut saisie du bill pour la suppression des petits monastères vers le commencement de mars. Par malheur, le journal des deux Chambres pour cette année et la suivante est égaré. Nous ne pouvons donc être rensei-

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