Amos, « Statutes of Henry VIII », Introd., p
gnés sur l'histoire de la session actuelle que par l'exposé des motifs qui précède l'acte: chose d'autant plus déplorable qu'il ne faut pas trop se lier aux exposés des motifs (1). Le projet de loi fut présenté par le gouvernement, cela n'est pas douteux. Selon toute probabilité, ce fut Henri lui-même qui en entretint la Chambre, car les bills de ce genre brûlaient souvent une étape par suite de l'intervention personnelle du roi. Voici un passage d'une lettre écrite à cette époque et qui a vraisemblablement trait à la visite royale : « Le samedi de la semaine des Quatre-Temps, Sa Majesté le roi vint au milieu des membres du parlement. Il leur remit un projet de loi et les pria de l'examiner et de le peser en toute conscience. 11 ne voulait pas, dit-il, qu'ils adoptassent ce bill ou un autre parce qu'il leur était envoyé par Sa Majesté : il fallait voir s'il était conforme au bien de ses sujets et ne s'occuper que de cela. Mercredi prochain (2), il retournera au parlement pour apprendre leur décision (3). »
L'exposé des motifs de l'Acte prouve indubitablement que le roi rendit visite à la Chambre au moment où elle fut saisie do ce « bill ». Il y est dit que le débat fut précédé d'une « déclaration » du roi, qui expliqua la portée de cette mesure nécessaire. Puis viennent les assertions suivantes : « Considérant que
i, S'il fallait accepter les exposés des motifs qui précèdent les Actes du Parlement comme établissant la preuve certaine des faits qu'ils relatent, l'histoire de l'Angleterre serait bien étrange, plus étrange môme qu'elle ne nous apparaît dans les pages de M. Froude. — Friedmann, « Anne Boleyn », II, p. 352.
2. En 1536, Pâques tomba le 16 avril, et le samedi des Quatre-Temps le 11 mars.
3. Wright, p. 36. — Thomas Dorset, vicaire de Sainte-Marguerite, Lothbury, au maire de Plymouth, 13 mars.
les religieux des petits monastères mènent une vie corrompue, Sa Très Haute Majesté le roi . . . ayant connu que les faits allégués à leur charge sont exacts, tant à la suite des comperts (1) de la récente visite qu'à la suite de diverses informations dignes de foi, — considérant aussi que plusieurs grands et solennels monastères de ce royaume, en lesquels, Dieu merci, la religion est fort bien gardée et observée, n'ont point le nombre de religieux qu'ils doivent et peuvent entretenir..., Sa Très Hante Majesté a jugé utile qu'une nette déclaration des faits reprochés fût présentée aussi bien aux lords spirituels et temporels qu'à tous ses autres féaux sujets des Communes assemblés dans le présent parlement. Là-dessus, les susdits lords et communes, après une grande délibération, arrêtent que le désir de Dieu Tout-Puissant est et sera que les propriétés de ces religieux soient affectées à un meilleur usage, et que ces personnes prodigues soient forcées d'amender leur vie (2). » Ainsi, le parlement prie le roi de s'emparer de tous les biens des monastères ayant un revenu annuel inférieur à 200 livres (3). De cet exposé des motifs, — lequel, ne l'oublions pas, constitue presque tout ce que nous savons sur la mesure qui nous occupe, — il semble ressortir qu'il ne fut placé sous les yeux des membres de la Chambre aucun document écrit d'après lequel ils pussent se former une opinion indépendante sur l'équité de la loi qu'on leur demandait d'adopter. Le roi, nous diton, fit une « déclaration pleine et entière » des abus