‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 203 sur 288 · Bibl. Bodleiana, M S S. Tanuer · texte numérisé non relu

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lesquels, en 1535, les visiteurs d'Henri VIII font peser les charges les plus graves. Dans plusieurs cas, l'évêque Nicke, après enquête, porte ce jugement en 1532 : « Tout est bien, » à l'endroit où Legh et Ap Rice, en 1535, découvrent un mal très sérieux. L'évêque remplissait avec zèle ce devoir d'inspection et punissait avec rigueur les manquements à la règle : son registre le prouve amplement. Ainsi, le 1er août 1532, l'évêque envoya ses commissaires au prieuré de Pentney, pour le visiter et rédiger leur rapport. Après interrogatoire de la communauté entière, composée de quinze moines, les visiteurs déclarent que tout est parfait. Trois années plus tard, Legh et son confrère dirigeaient des imputations graves contre le prieur et cinq de ses religieux. Dans ce dernier cas, nous n'avons d'autre garantie que la parole de deux agents de Crumwell, pleins de prévention et de partialité. Dans le premier, nous avons les appréciations écrites de chaque membre de la communauté, pris isolément, et certifiées exactes par le délégué épiscopal. Voilà donc un exemple, entre cent, du démenti formel qu'oppose le témoignage des registres épiscopaux aux visiteurs du roi sur l'état véritable des monastères.

Les mêmes contradictions se retrouvent dans les rapports des commissaires royaux qui vinrent ensuite. Au printemps de 1536, quelques mois seulement après que les agents de Crumwell eurent fabriqué leurs « comperta », des ordres furent lancés pour que les monastères fussent inspectés à nouveau et que tous ceux d'un revenu annuel inférieur à 200 livres fussent supprimés. En outre, les visiteurs étaienttenus de faire connaître « le nombre des moines, leur genre de vie et conduite ». « On trouvera dans ce volume, écrit

M. Gairdner, les rapports des commissaires pour un certain nombre de monastères de cinq comtés différents, et, chose remarquable, les certificats qu'ils délivrent à leurs hôtes sont uniformément bons. Chose plus remarquable encore, le rapport pour le comté de Leicester qualifie de bonne et vertueuse la conduite des membres de Garendon et de Gracedieiu — deux des maisons les plus maltraitées par les compertes. Les gentilshommes de province qui siégeaient dans la commission arrivèrent donc à une conclusion bien différente de celle des docteurs Layton et Legh. » Ces gentilshommes de province, ne l'oublions pas, étaient « les personnages les plus marquants de chaque comté ». Le roi trouva-t-il à son goût ce rapport favorable? Nous le saurons par la lettre qu'écrivit l'un des commissaires, George Gyffard, le 19 juin 1536, du monastère de Garendon, alors qu'il était précisément en tournée d'inspection. « Et, Monseigneur, dit-il à Crumwell, attendu que, récemment, mes collègues et moi nous écrivîmes à M. le Chancelier de l'Accroissement en faveur de l'abbave de Saint-James et de la nonnerie de Catesby, en Norihamptonshire, une lettre qu'il montra à Sa Majesté le roi pour le bien disposer envers ces maisons, Sa Majesté fut mécontente, car elle déclara à mon serviteur, Thomas Harper, que probablement nous avions reçu des présents pour écrire comme nous le faisions. Ceci pourrait m'engager à ne plus écrire dans ce sens si, malgré tout, la connaissance certaine que j'ai toujours eue de votre impartialité ne me donnait la hardiesse de parler en faveur de la maison de Walstroppe. Le supérieur administre tout

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