‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 21 sur 288 · Hiitoric Collections for Devon *. Préface, p · texte numérisé non relu

Hiitoric Collections for Devon *. Préface, p

diocèse d'Exeter, le même savant a pu affirmer de façon positive que « l'immoralité grave était fort peu fréquente » dans les maisons conventuelles de ce diocèse. Cette opinion sera celle de quiconque prendra la peine de remonter à cette source d'informations véridiques. Les irrégularités sérieuses mises à l'actif des religieux, après enquête des plus approfondies de la part des évêques ou de leurs commissaires, sont, après tout, rares et espacées à de longs intervalles, et les châtiments sévères qui frappaient ces irrégularités prouvent que la réputation morale des monastères et couvents, loin d'être méconnue, était regardée comme de la plus haute importance. Les fautes surtout notées sont des infractions à la discipline réglementaire et le relâchement du principe de claustration. Les manquements aux vœux de pauvreté et d'obéissance sont punis avec rigueur. Le silence perpétuel doit être observé au dortoir et ailleurs. Les réparations nécessitées par l'état des bâtiments sont ordonnées, et quant aux membres de la communauté, toutes les mesures sont prises pour assurer convenablement leur existence. Telles sont les injonctions qui résultent généralement de l'enquête épiscopale. Assez souvent même, quand l'ordre était par trop troublé, Tévêque usait de ses pleins pouvoirs et l'inspection durait jusqu'à six mois et quelquefois un an. Ruis venait une autre visite, qui déterminait si l'amendement était suffisant pour qu'on fût autorisé à mettre un terme à la surveillance des inspecteurs.

Ce serait hypocrisie que de prétendre que les nombreuses communautés d'Angleterre ont été entièrement exemptes d'immoralité et de fautes graves. Mais il est injuste de tant exagérer ces dernières. La nature

humaine, à toutes les époques, est toujours et partout la même. L'habit religieux, s'il est une sauvegarde, n'affranchit pas forcément des dépravations de la nature déchue. Les religieux du seizième siècle avaient traversé bien des périls, aussi nuisibles à leur bonheur spirituel qu'à leurs intérêts temporels. Et cependant, bien que leur niveau moral eut probablement baissé sous l'influence de l'esprit du temps, les chutes graves furent rares et isolées. Les religieux d'Angleterre ne connurent jamais rien qui approchât d'une immoralité générale. C'est là un fait clairement prouvé par le témoignage des actes des visites épiscopales, comme par l'absence d'une aussi grave accusation, jusqu'au jour où il devint nécessaire pour Henri VIII et ses agents de noircir le beau renom des monastères dans l'intention de s'approprier plus facilement leurs biens.

Les rapports des visiteurs de Crumwell représentèrent, sans aucun doute, les maisons religieuses comme tombées au dernier degré de l'avilissement moral. Ce qui n'a pas empêché des écrivains postérieurs d'embellir encore le tableau en ayant recours à toutes les ressources de leur imagination. Espérons que, quand on connaîtra mieux les procédés employés par les agents d'Henri VIII pour vilipender ceux qu'ils allaient spolier, on comprendra mieux le peu de prix qu'il faut attacher à leur témoignage.

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