‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 210 sur 288 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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William Thomas eussent reposé sur le moindre fondement, les visiteurs royaux auraient été trop heureux de les mettre à profit.

Avant de terminer ce court examen des graves accusations portées contre les monastères, il n'est pas inutile d'insister sur la valeur des preuves négatives qui militent en faveur de la moralité de ces établissements en général, et de les opposer aux procès de tendance des agents d'Henri VIII. L'historien Strype dit que Crumwell envoya aux évêques des injonctions spéciales pour qu'ils surveillassent de près « les abbayes et maisons religieuses qui restaient tout particulièrement attachées au pape et observaient encore, autant qu'il était en elles, les anciennes superstitions (1). » Mais malgré ces instructions spéciales, il ne se trouve guère, dans les nombreuses lettres que nous possédons des évêques de ce temps, une seule expression qui puisse être interprétée comme une critique de la moralité des religieux (2). Ce témoignage négatif est d'autant plus précieux que nombre de ces ecclésiastiques étaient les adversaires déclarés du régime claustral. Les chroniqueurs contemporains, Hall, Stow, Grafton, Holinshed et Fabian, gardent aussi un singulier silence sur les prétendus déportements des moines anglais. Wriothesley, lui non plus, bien qu'il soit nettement favorable à la cause des réformateurs, ne mentionne nulle part dans sa chronique les accusations que nous avons examinées. Il dit qu'en 1535 les petits monastères furent donnés au roi « pour l'accroissement de la Couronne », et il ajoute : « C'était pitié de

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