Eccl. Mem. », I, 1, p. 333 (éd
2. Nous avons une énorme quantité de lettres de Cranmer, de Stokesley, de Latimer, de Rowland Lee et d'autres.
voir comme les pauvres gens se lamentèrent, car les moines observaient une grande hospitalité et, à ce que l'on raconte, dix mille personnes perdirent tout moyen d'existence par la Suppression, ce qui était grand'pitié (1). »
Lord Herbert déclare que l'évêque Latimer souhaitait vivement que l'on épargnât un certain nombre de maisons religieuses, — au moins deux ou trois dans chaque diocèse. Latimer termine ainsi la controverse qu'il soutint avec le roi Henri VIII contre l'idée de purgatoire : — « La fondation des monastères attestait l'existence du purgatoire; de même, leur abolition atteste sa non-existence. Quel manque de charité et quelle cruauté ce paraît être que de détruire les monastères si le purgatoire existe ? Or, il ne semble pas convenable que l'acte prêche une chose, et la chaire une autre tout à fait contraire (2). » Il doit y avoir ici une allusion à l'acte de suppression des petits monastères (1535), car, à l'époque où les grands furent abolis, Latimer n'était pas dans une posture qui lui permît d'engager une controverse avec Henri VIII.
Cranmer, qui, avec plusieurs autres, surveilla de près les moines de Christchurch, à Cantorbéry, reconnaissait aussi qu'il n'y avait pas la moindre tache à leur moralité. Beaucoup de ces mêmes religieux, en
1. Gamden Society, éd. Hamilton. Cette chronique, rédigée à Londres et contemporaine des faits qu'elle relate, est très précieuse par son témoignage négatif. Si Ton avait beaucoup parlé de la vie licencieuse des moines, il est probable que l'auteur eût laissé quelques notes à ce sujet. Il avait tous les moyens possibles d'information, car, nommé héraut du palais de Windsor le jour de Noël 1534, il occupait une situation officielle. Il était principalement attaché à la personne du chancelier Audley. (Voy. les observations de l'éditeur, p. 274.) Il est aussi digne de remarque que ni la correspondance de Chapuys, pourtant si bien renseigné, ni celle des autres personnages de l'époque, ne mentionnent le toile qu'aurait soulevé la licence des monastères.