Imprimé par Strype, « Eccl. Mem. », I, p
dépit des plus graves accusations lancées contre eux par les visiteurs, devinrent les premiers chanoines séculiers de la cathédrale. En outre, Richard, l'évêque suffragant de Douvres, qui s'employa fort à l'œuvre de suppression et qui a laissé une volumineuse correspondance, relative surtout aux frères, ne reproche point aux moines des crimes aussi noirs que ceux rapportés par Layton, Legh et Ap Rice : peut-être faut-il expliquer cette circonstance par le caractère même de sa mission, laquelle était plutôt de détruire que de justifier la besogne commencée, et, comme il entreprit sa tache après que le parlement eut donné au roi les petits monastères, il n'avait pas besoin de recueillir des preuves. Ll est vrai que Crumwell n'approuvait pas encore sa façon de parler des religieux, et qu'il l'accusait de « conserver un cœur de moine ». Mais l'évêque répondit : «Si j'ai montré quelque complaisance, ce n'était point que j'eusse un cœur de moine, mais je voulais que tout se passât le plus tranquillement possible; et de plus, jusqu'à ce jour, où votre honorée lettre m'est parvenue, je n'ai jamais pu deviner votre bon plaisir, et je craignais toujours, en allant trop vite, d'offenser Votre Seigneurie. » Ainsi donc, pour se conformer aux désirs de Crumwell, il dirige plusieurs vagues imputations contre les frères qu'il a interrogés et ajoute ce post-scriptum significatif : « Et, mon bon Seigneur, je vous supplie de ne pas croire que je dissimule, car je vous assure qu'il n'en est rien, et que je suisetresterai aussi fidèle et aussidiscretqu'aucun autre ie vos serviteurs et très heureux d'agir comme il plaira spécialement à Dieu, à Sa Majesté le roi et àvous(l).»