Singer, « Cavendish », I
n'avait plus le document : il dut s'abandonner à la miséricorde du roi. Comment cette dispense royale, scellée du grand sceau, tomba-t-elle « entre les mains» des ennemis du cardinal? Fut-ce l'offrande de paix que présenta Crumwell à Henri ? 11 est dit, dans une ancienne relation qui décrit 'arrangement conclu entre le monarque et le serviteur du prélat déchu, que Crumwell acheta sa sûreté personnelle et la faveur royale au prix de ce document dérobé parmi les papiers de son maître, lesquels lui étaient confiés. « Et ainsi, en serviteur infidèle et perfide, le susdit Crumwell vola son maître pour le compte du roi » (1). Quoi qu'il en soit, Crumwell servit ses propres intérêts en agissant de la sorte. Il conserva la gestion des revenus confisqués en vertu de. la loi de «praemunire ». Au nombre des biens du cardinal figurèrent les dotations du siège épicospal de Winchester et les revenus de l'abbaye de Saint-Albans, ainsi que ceux des collèges d'Ipswich et d'Oxford. Le roi avait pris sur les ressources de ces propriétés pour octroyer des pensions à plusieurs gentilshommes. Crumwell, chargé de répartir ces annuités, fut ainsi mis en contact avec beaucoup de gens qui venaient solliciter ses bons offices (2). « Aussi maître Crumwell, écrit Cavendish voyant là une occasion propice de travailler pour lui-même et d'accomplir ce qu'il méditait depuis longtemps, » fut prodigue de promesses envers ceux qui lui demandaient son aide et, comme il avait, à titre d'administrateur des domaines, de constants rapports avec le