‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 222 sur 288 · Brit. Muséum, Arundel MS., 152, f · texte numérisé non relu

Brit. Muséum, Arundel MS., 152, f

2. «Sur les revenus de Winchester et de St-Albans,le roi donnait à un noble 300 marcs, à un autre 100 livres, à un troisième moins, suivant son bon plaisir ». — « Cavendish », Edition Singer, I, 299.

roi, il « força bientôt ce dernier à le tenir pour un homme fort sage et pour un instrument propre à seconder Sa Majesté, ainsi qu'il parut par la suite ».

Dès ce moment, la faveur de Crumwell ne cessa de croître : elle ne connut pas d'obstacle tant qu'il servit les projets d'Henri VIII. « Cette élévation ressemblait plutôt, » ainsi s'exprime lord Campbell, « à celle d'un esclave tout à coup institué premier vizir par un despote oriental qu'à celle d'un ministre d'État porté aux honneurs au sein d'une monarchie constitutionnelle, où la loi, les usages et l'opinion publique mettent un frein aux caprices du souverain » (1). Crumwell devint successivement gardien des joyaux de la Couronne, chancelier inamovible de l'Échiquier, juge de la Cour des Rôles, secrétaire d'État, vicaire général du roi au spirituel, garde du petit Sceau, doyen de Wells et grand Chambellan. En 1533, il fut créé chevalier et, trois ans après, il devenait pair du royaume sous le titre de comte d'Essex. En vertu de ses fonctions de vicaire général du roi, lequel s'était arrogé, conformément à un acte du parlement, « toute juridiction temporelle et spirituelle en l'Église d'Angleterre », il pouvait « exercer toute l'autorité spirituelle appartenant au roi pour connaître dûment de tous les cas relevant de la juridiction ecclésiastique, et pour accomplir de pieuses réformes et redresser les erreurs, hérésies et abus en ladite Église ».

La position occupée par Crumwell durant ses années de puissance est unique dans l'histoire d'Angleterre. En sa qualité de vice-gérant et de vicaire général, il était placé au-dessus des archevêques et des évêques,

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