‹ Henri VIII et les monastères anglaisChapitre 224 sur 288 · History », III, p · texte numérisé non relu

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fut exécré par ceux-là mêmes qui s'appuyaient sur sa faveur. Mais la plupart n'y verraient point la preuve que Crumwell « fut condamné à faire la volonté de Dieu. » Le doyen Hook porte sur sa carrière un jugement plus impartial : « L'esprit de parti, dit-il, est bien puissant ; mais peut-être son plus merveilleux exploit est-il d'avoir converti Thomas Crumwell en un saint. Les protestants condamnent avec tant de véhémence la « moinerie », selon l'expression de Hugh Latimer, que non seulement ils croient à toutes les histoires défavorables aux moines, mais qu'ils ont canonisé le Diabolus Monachorum lui-même (1). »

Il n'est pas facile de se bien figurer l'immensité de la puissance autocratique qui fut mise entre les mains de Crumwell à cette époque par le roi, et dont le ministre usa sans scrupules pour broyer toute résistance à ses projets, pour renverser l'Église et saisir ses richesses. Ses agents et ses espions étaient partout, et ils lui rendaient compte des entretiens les plus secrets. L'abbé, au milieu de sa communauté, ne devait pas espérer que sa parole échapperait aux oreilles curieuses des agents du ministre. Les expressions d'un religieux causant dans la « salle du barbier » ou au réfectoire pouvaient être, et elles l'étaient souvent, répétées et dénaturées à son grave préjudice. Les sermons du prédicateur étaient commentés, et maintes fois les conversations de gentilshommes à table furent rapportées à Crumwell. La masse de ses lettres, qui existent encore aujourd'hui, et les notes de son « mémorandum » particulier nous prouvent de façon concluante que rien n'était, à ses yeux, assez insignifiant pour ne pas mériter une

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