Lives of Archbishops », VI, p
enquête. Il était sans cesse au guet, veillant à écarter toute ingérence éventuelle dans ses projets et à tendre des pièges aux gens qu'il avait lieu de craindre. M. Froude est obligé de reconnaître que le système d'espionnage fut pratiqué sur une échelle immense par lord Crumwell, au dedans et au dehors: « Il achetait, écrit-il, ses informations n'importe où et à n'importe quel prix, et il dut se procurer des fonds secrets dans ce dessein, comme fît son successeur, Francis Walsingham, qui continua la même politique (1). »
Le doyen Hook décrit mieux cette époque quand il dit : « Dans chaque comté, dans chaque village, presque dans chaque maison, Crumwell avait une bande mystérieuse de délateurs et d'espions. Ceux-ci vivaient de la protection du vice-gérant qui, généreux et despotique, pouvait aussi bien donner que prendre. Pleins d'une enthousiaste et égoïste fidélité, ils se tenaient à l'affût des traîtres, et la pitié bien rétribuée de leur cœur avait une crainte affreuse de la superstition (2). » Il faut, quand on examine les poursuites et les condamnations si fréquentes à cette époque de notre histoire nationale, se dépouiller de toutes les idées modernes de justice et de toute croyance à l'impartialité des procès. Crumwell fut quelquefois « ministère public, juge et juré ». Pour un simple mot de désapprobation à l'adresse du roi ou de son ministre, pour une plaisanterie ou une parole de dédain, le coupable était appelé devant le tribunal pour y répondre de son offense. L'accusé et ses accusateurs n'étaient probablement jamais confrontés.
La sentence qui terminait une cause d'exceptionnelle