Dixon, p
Edouard III, en effet, monta sur le trône en 1327, il rendit les prieurés étrangers à leurs premiers possesseurs et leur fit expressément remise et grâce de tous arrérages (1).
L'ordre des Templiers fut aboli sous Edouard IL Dès la première année de son règne, se conformant à la bulle du pape Clément V, qui demandait qu'on les arrêtât et qu'on procédât à une enquête sur les accusations portées contre eux, il les fit tous appréhender le même jour. « Leur procès, écrit le DrLingard, dura trois ans; et, à en juger d'après les informations recueillies en Angleterre, si nous condamnons quelques individus, nous ne pouvons qu'acquitter l'ordre en général (2). »
En 1312, cependant, le pape supprima cette institution. La mesure ne fut pas prise sur des motifs de culpabilité bien établie, et se distingua plutôt par « l'opportunité que par la justice » (3). Par un bref postérieur, le pape Clément faisait don des biens des Templiers à l'ordre analogue des Hospitaliers. Edouard, il est vrai, suspendit l'action de cette bulle pendant plus d'une année. Lorsqu'il céda, en 1313, il eut soin de proclamer qu'il agissait pour le bien de la nation, et que cette concession ne portait nullement atteinte aux droits qu'il avait, lui et ses sujets, sur les possessions de l'ordre aboli (4). L'affaire resta en sus-
1. Rymer, IV, p. 246. — Claus. Rot., I, Ed. III, p. 1. — Cette mainmise d'Edouard II sur les prieurés étrangers n'est pas mentionnée par les historiens, mais le document qui nous reste ne laisse aucun doute au sujet de la suppression accomplie, à cause des guerres avec la France, « par le feu roi notre père ». (Nuper rex Anglise pater noster.)
2. Hist., III, en. 4. On peut lire le procès entier dans Wilkins, II, 329.